
Titre : L’Acier et la Soie (Intro - Un son de métal qu’on aiguise, lent, strident. Puis le silence.) (Couplet 1 - La Lame) Le silence est trop lourd, il m'écrase les poumons, Je cherche une sortie à cette prison de démon. Le couteau sort de l'ombre, une caresse sur le bras, Il dessine sur ma peau ce que ma bouche ne dit pas. Un trait rouge s'éveille, une fleur de rubis, Je regarde le sang couler, je me sens enfin ici. La douleur est une ancre, elle me ramène au présent, Je ne suis plus un fantôme, je suis un être vivant. (Refrain - L'Anesthésie) Graver le mépris, sculpter ma propre chair, Transformer l'invisible en un enfer de fer. Je ne me blesse pas, je me réveille enfin, Dans ce bal de l'acier où je tiens le destin. Regarde-moi briller sous l'éclat du métal, C'est ma seule façon de ne pas me sentir sale. (Couplet 2 - Le Clic de la Brocheuse) Le couteau est trop lent, il fait trop de dégâts, Je cherche un cri muet, un froid qui ne coule pas. Le clic de la brocheuse, sec comme une sentence, Une agrafe dans le derme pour sceller mon silence. Une, puis deux, puis dix, un chapelet de métal, Aligné sur ma peau, comme un rempart brutal. C'est propre, c'est précis, c'est la croix que je porte, Chaque broche est un verrou posé sur ma porte. (Pont - Le Rituel de l'Arrachement) Et puis vient le moment, le plus pur, le plus fou, Où je retire l'acier, où je sors de mon trou. Je les arrache une à une, lentement, sans frémir, Chaque pointe qui quitte la peau me fait enfin sortir. C'est là que je respire, dans cet instant précis, Où la douleur s'en va et laisse un court répit. Je savoure la morsure, je savoure le départ, Avant que la honte ne reprenne sa part. Focus : Le Rituel de l'Arrachement (Pont - Musique suspendue, presque cristalline, puis des bruits de succion métallique) Je pince le métal, je sens la peau qui tire, Ce lien entre moi et l'acier qui me déchire. La broche résiste, elle s'accroche à ma vie, Je tire d'un coup sec, et le vide me sourit. C’est un "clac" dans les os, un frisson de verglas, Quand le trou se libère, quand le fer ne bat pas. Je sens l'air s'engouffrer là où c'était fermé, Une seconde de grâce, un instant de liberté. Une à une, je les sors, je les jette par terre, Chaque retrait est un cri, une petite lumière. La morsure est plus belle quand elle se retire, C'est le seul mouvement qui m'empêche de mourir. Je sens ma chair qui bat, qui s'ouvre et qui respire, Dans ce plaisir atroce de me voir me détruire. (Outro - Rythme cardiaque qui s'accélère, puis s'arrête net) La peau se souvient de l'étreinte du métal. L'arracher pour savoir que je peux encore saigner. C'est fini... jusqu'à la prochaine fois. Je regarde les trous. Je compte mes absences. Je suis là. Enfin.

