La Muse a des ailes de brume Des reflets d’or au bord des yeux Elle traverse l’amère écume Des songes fauves et silencieux Sous ses pas, l’aurore frissonne Le ciel se penche à son passage Et le vent léger s’abandonne Aux longs détours de son visage La Muse qui se prend pour une buse Plane au grand vent des émotions Souveraine, ardente et confuse Belle au cœur de ses passions Elle va, lointaine et profonde Parmi les ombres et la lumière Comme un secret perdu du monde Comme une rose au milieu de l’Éther La Muse a la grâce fragile Des soirs qui tremblent avant la nuit Une douceur presque indocile Un feu ardent qui éblouit Dans ses silences passent l’ombre La nostalgie des jours anciens Et cette noblesse un peu sombre Qui fait les êtres inoubliables La Muse qui se prend pour une buse Plane au grand vent des émotions Tour à tour flamme, tour à tour muse Ivresse et métamorphose Elle va, lointaine et profonde Parmi les ombres et la lumière Comme un secret perdu du monde Comme une rose au milieu de l’Éther Parfois le ciel défait ses lignes Parfois la peine effleure son front Mais même au bord des heures indignes Elle garde un éclat profond Et lorsqu’un rêve en elle chavire Lorsqu’un frisson voile sa voix L’azur lui prête encore un empire Le vent s’incline devant sa foi La Muse qui se prend pour une buse Plane au grand vent des émotions Magnifique jusque dans l’excuse Jusque dans ses hésitations Elle demeure, âme féconde Entre vertige et lumière Une lueur dans la pénombre Comme une rose au milieu de l’Éther Comme une rose au milieu de l’Éther Comme une rose au milieu de l’Éther



