
Je marchais sans savoir pourquoi, Tout Paris défilait devant moi. Une pluie fine est descendue, J'ai pressé le pas, un peu perdu. Au coin d'une rue, un vieux café... J'ai poussé la porte sans regarder. Le patron m'a fait un signe de tête... J'ai pris place sur la banquette. Le serveur s'approcha, le regard ailleurs, Avec ses gestes appris par cœur. « Monsieur... vous désirez ? » « Deux cafés, s'il vous plaît. » Il est reparti sans un regard. Je suis resté seul avec le hasard. Les mots du silence Ont la voix du cœur. Ils parlent d'absence Bien mieux que le bonheur. Les mots du silence Ne savent pas mentir. Ils vivent en permanence, Et refusent de partir. Deux tasses fumaient devant moi. La salle semblait perdre l'équilibre. J'attendais encore l'écho de ta voix... Face à cette chaise restée libre. Tu regardais par la fenêtre, en souriant. Les mains autour de ton café fumant. Ton café restait encore à moitié bu, Comme si le temps n'existait plus. Les mots du silence Ont la voix du cœur. Ils parlent d'absence Bien mieux que le bonheur. Les mots du silence Ne savent pas mentir. Ils vivent en permanence, Et refusent de partir. On riait de tout et de rien, Sans jamais penser à demain. Le café pouvait bien refroidir, Nous avions tant à nous dire. La cuillère a frôlé la porcelaine, Réveillant une scène ancienne. Le café reprit enfin son visage, Mais toi... plus dans le paysage. Les mots du silence Ont la voix du cœur. Ils parlent d'absence Bien mieux que le bonheur. Les mots du silence Ne savent pas mourir. Deux cafés défient le temps... Et moi sans parvenir à partir. J'ai quitté le vieux café. Le serveur n'a rien demandé. Sur la table... deux cafés. Me voilà dehors, avec mon passé.

