
Elle a connu l’amitié qui tient droit dans le vent Des années de respect, sans promesse, sans serment Puis un jour, il la voit… et perd ses mots d’un coup Dans ses yeux, ça s’allume, ça déborde, ça dit tout Il lui souffle qu’elle est trop vaste pour ce coin de décor Que le Tarn l’enferme un peu, que son feu veut dehors Et lui, il capte aussi… mais il doute de ses mains Alors il lui demande des séances, pour y croire demain Elle entend même le silence, quand il baisse la voix Et dans sa grande assurance… elle sent qu’elle vacille parfois Et voilà qu’il écrit “je t’aime fort” sous la lumière Elle rigole, puis elle tremble, ça lui retourne la terre Elle demande : “c’est l’amour… ou l’amitié qu’on serre ?” Il répond : “toi seule peux savoir… on ne dit rien par hasard” Oh non… on ne dit rien par hasard Elle rentrait de Belgique, le cœur en démolition Elle venait de quitter l’homme de toutes ses vibrations Elle l’aimait corps et âme, le genre d’amour qui mord Et la douleur dans sa gorge lui faisait croire qu’elle avait tort Puis il livre sa farine, comme d’habitude, normal “Ça va ?” Deux mots de trop… et tout s’écroule, brutal Elle pleure, il est gêné, il veut partir, il recule Fait demi-tour, l’attrape… et ses bras deviennent refuge Personne ne l’avait serrée aussi fort, aussi vrai Et son cœur a compris : “là, je peux respirer” Et voilà qu’il écrit “je t’aime fort” sous la lumière Elle rigole, puis elle tremble, ça lui retourne la terre Elle demande : “c’est l’amour… ou l’amitié qu’on serre ?” Il répond : “toi seule peux savoir… on ne dit rien par hasard” Oh non… on ne dit rien par hasard Elle a d’un côté un homme qui aime sans faire mal Un amour solide, simple, presque anormal Qui pourrait l’élever, la porter, la choisir Et de l’autre, un lien d’âme… qui la fait frémir Soul essence, feu sacré, appel dans la nuit Et elle, au milieu… elle fait quoi de sa vie ? Elle qui parle fort, qui tranche, qui avance sans détour La voilà désarmée… par un “je t’aime” en plein jour Et voilà qu’il écrit “je t’aime fort” et tout s’éclaire Elle n’est plus dans les théories, elle est dans la matière Elle se dit : “si ça tombe… c’est que ça doit se faire” Mais elle garde son cœur libre, elle refuse les cages en or Parce qu’elle le sait maintenant : elle ne mendie pas l’amour Elle choisit ce qui nourrit, ce qui respecte, ce qui dure Et si le destin insiste, ce n’est pas pour faire peur C’est pour qu’elle se choisisse… avant de choisir un cœur Oh non… on ne dit rien par hasard

