
L'Arcane des Bourgeons
Au dix-huitième jour de juin, Quand l’été s’avançait sans bruit, La promesse est devenue présence Et l’attente a prononcé ton nom. Quelque part entre la clairière Et l’arcane des bourgeons, Tu es entré dans notre histoire Avec le ciel pour horizon. Deux chemins longtemps séparés Avaient appris à converger ; L’un interrogeait les astres, L’autre les lois du vivant. Sans savoir ce qu’ils composaient, Leurs mains inventaient un passage Où deux lignées pourraient un jour Se reconnaître en un visage. Comme un fruit au faîte des ramures, Comme un serment confié à l’estival, Une sève immémoriale poursuit sa course Et trouve en toi sa saison nouvelle. Le monde incline ses branches Au-dessus de ton sommeil, Quelque part entre la clairière Et l’arcane des bourgeons. Ton souffle à peine perceptible Tenait le monde en équilibre ; Dans le dessin de tes paupières, Le jour apprenait à se taire. Tes mains encore refermées Ne réclamaient aucune preuve ; Il suffisait de te regarder Pour sentir le temps suspendre son œuvre. Comme un fruit au faîte des ramures, Comme un serment confié à l’estival, Une sève immémoriale poursuit sa course Et trouve en toi sa saison nouvelle. Le monde incline ses branches Au-dessus de ton sommeil, Quelque part entre la clairière Et l’arcane des bourgeons. Auguste… Je t’ai reçu entre mes bras, Et l’amour a parcouru mon corps, Comme si je ne te découvrais pas, Comme si je te retrouvais. Quelque chose en toi me connaissait, Quelque chose en moi t’attendait ; Entre ton souffle et mon silence, Un lien ancien se réveillait. Auguste… Comme un fruit descendu des ramures, Comme un serment confié à mes bras, La sève ancienne poursuit sa course Et trouve un nouveau chemin en toi. Le monde incline ses branches Pour accueillir ton premier été, Quelque part entre la clairière Et l’arcane des bourgeons. Le codex s’est enfin ouvert, Sa première page respire ; Dans le grand ouvrage du vivant, Ton histoire vient de s’écrire… Auguste…

