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Sextine - La montagne

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2025(c) Ambre La sextine est une forme poétique fixe, inventée au XIIe siècle par Arnaut Daniel. Elle est composée de six sizains (strophes de six vers) suivis d'un tercet final (tornada). Sa particularité principale réside dans la répétition des six mêmes mots à la fin de chaque vers, lesquels sont permutés selon un ordre précis (la retrogradatio cruciata) à travers les strophes, et tous repris dans le tercet final. Les six mots : aimer, forêt, sommet, edelweiss, source, soleil. Quand l’ombre se retire et veut nous faire aimer, le vent s’élève au cœur secret d’une forêt, et l’œil s’égare vers le lointain sommet, où tremble encore un pur et pâle edelweiss, gardien muet d’une antique et claire source, qui s’éveille au premier rayon du soleil. Nul feu n’est doux comme celui du soleil quand il revient bénir ce qu’on peut aimer ; il caresse en silence chaque source, et glisse entre les troncs d’ombre et de forêt, effleurant l’or du roc et l’âme de l’edelweiss, jusqu’à toucher l’écho nu du sommet. Ô que mon cœur renaisse au haut sommet, où se pose le chant vierge du soleil, et qu’à mes pieds s’ouvre un lit d’edelweiss, où le silence apprend mieux qu’un cri d’aimer, où chaque pierre écoute, et chaque forêt révèle un vœu scellé dans chaque source. Je me penche, altéré, sur une source, fuyant l’écho trop vaste du sommet ; je laisse en paix la voix de la forêt, qui me rappelle au cercle du soleil et m’invite, sans mot, sans peur, à aimer le souffle pur d’un monde en edelweiss. Sous mes doigts tremble un cœur d’edelweiss, tel un secret confié par la source, et je comprends qu’ignorer c’est aimer, que le chemin descend, quitte le sommet, pour mieux renaître au feu d’un vrai soleil, dans la clarté d’une silencieuse forêt. Ainsi j’écris, perdu dans la forêt, le front lavé d’un pétale d’edelweiss, attendant sans attendre un nouveau soleil, goûtant la paix offerte par la source, et loin du bruit, plus proche du sommet, j’apprends enfin à perdre pour aimer. [Tornada] Là où renaît le souffle d’aimer, dans la forêt, fleurit l’éternité d’un edelweiss au sommet, baigné du chant limpide d’une source au soleil.