# LES TROIS CLANS Écoute… Sous le béton, quelque chose respire encore. Sous les routes, sous les tours, sous vos câbles et vos murs… La Terre n’a pas oublié. Maka… Maka… Maka ! Nous sommes nés là où le sable efface les traces des conquérants, là où le soleil fend les pierres, où personne ne commande au vent. Clan du sable ! Le poing couvert de poussière, nous avons vu vos villes pousser comme des blessures dans la terre. Vous avez vendu le silence, mis un prix sur chaque chemin, rempli le ciel de vos antennes, mis vos chaînes jusque dans nos mains. Mais écoute le désert gronder. Écoute. Il n’est pas mort. Il attendait. Tate ! Souffle dans nos poitrines ! Maka ! Réveille la poussière ! Oyate ! Debout dans la tempête ! Nous ne sommes pas à vendre ! HEY ! Maka ! Maka ! Que la Terre se soulève en nous ! Tate ! Tate ! Que le vent déchire votre bruit ! Nous sommes le sable, nous sommes les dunes, nous sommes la forêt dans la nuit ! Vos machines peuvent hurler — NOUS HURLERONS PLUS FORT ! Hey ya ! Hey ya ! Oyate ! Nous sommes encore ici ! Nous sommes ceux des dunes hautes, les enfants des horizons brûlés, nous marchons là où vos moteurs finissent par s’ensabler. Vous avez dressé des vitrines devant des hommes affamés, fabriqué mille choses inutiles pour leur apprendre à désirer. Toujours plus vite ! Toujours plus haut ! Toujours plus loin ! Toujours plus faux ! Vos écrans mangent les visages, vos néons effacent les étoiles, vous appelez cela progrès — nous appelons cela une cage. Alors viens ! Que la dune avance ! Qu’elle avale leurs panneaux, leurs slogans, leurs temples de verre et leurs rêves en plastique ! Tate ! COURS ! Mni ! COULE ! Tatanka ! FRAPPE LA TERRE ! Olowan ! Que monte notre chant ! Nous sommes les dunes, nous sommes l’orage, nous sommes le souffle ancien ! Vous avez bâti un monde sans racines — NOUS AVONS ENCORE LES NÔTRES ! Hey ya ! Hey ya ! Oyate ! Personne ne nous fera taire ! Un coup. Pour le sable. BOUM. Un coup. Pour les dunes. BOUM. Un coup. Pour les forêts. BOUM. Et maintenant… TOUS ENSEMBLE. Nous sommes ceux des forêts, les loups connaissent notre voix, les racines sous nos pieds savent encore qui nous sommes. Vous coupez. Vous creusez. Vous brûlez. Vous mesurez. Vous mettez des chiffres sur ce qui respirait bien avant vous. Mais une forêt ne demande pas la permission pour repousser. Un loup ne demande pas la permission pour hurler. Une rivière ne demande pas la permission pour briser sa digue. Et nous non plus ! MNI ! Dans nos veines ! TATE ! Dans nos poumons ! MAKA ! Sous nos pieds ! OYATE ! DANS NOS VOIX ! Maka ! Maka ! Entends battre nos tambours ! Tate ! Tate ! Porte notre colère au loin ! Tatanka court dans la plaine ! Le loup répond dans les bois ! Le vautour tourne dans le ciel — IL VOIT VOTRE MONDE S’ÉTEINDRE ! Nous sommes le sable ! LES DUNES ! La forêt ! LES RACINES ! Trois clans ! UNE SEULE COLÈRE ! Hey ya ! Hey ya ! OLOWAN ! QUE LE CHANT DÉVORE LE SILENCE ! Nous ne voulons pas de votre monde sous emballage. Nous ne voulons pas de vos vies chronométrées. Nous ne voulons pas que chaque arbre devienne une planche, que chaque rivière devienne une conduite, que chaque montagne devienne une mine, que chaque homme devienne un numéro. Vous nous appelez sauvages parce que nous refusons votre cage ? Alors écoute bien. Ce n’est pas la forêt qui a oublié comment vivre. C’est vous. [Montée — tambours de plus en plus rapides] Sable ! HEY ! Dunes ! HEY ! Forêts ! HEY ! Sable ! DUNES ! FORÊTS ! MAKA ! Nous sommes la Terre sous vos routes ! TATE ! Nous sommes le vent entre vos murs ! MNI ! Nous sommes l’eau que rien n’arrête ! OYATE ! NOUS SOMMES ENCORE DEBOUT ! Que vos écrans deviennent noirs ! Que vos moteurs perdent leur voix ! Quand enfin retombera le vacarme, vous entendrez… les bisons, les loups, les feuilles, le vent, et nos tambours. HEY YA ! HEY YA ! HEY YA ! OLOWAN ! OLOWAN ! JUSQU’À CE QUE LE MONDE SE SOUVIENNE À NOUVEAU ! Maka… Tate… Mni… Oyate… Nous étions là avant votre bruit. Nous chanterons… après lui.