
Mon chat se lève quand le soleil est haut, Il bâille doucement, regarde par la fenêtre, Moi j'ai déjà couru derrière mon métro, Avec ma cravate et mes soucis dans la tête. Lui n'a pas d'horaires, pas de patron, Pas de factures qui dorment dans sa boîte, Il mange quand il veut, puis fait la sieste au salon, Et moi je cours toujours après quelque chose. Ah, la vie du chat, Ça doit être quelque chose, Dormir quand on veut, Ne rien faire quand on ose. Ah, la vie du chat, Sans hier, sans lendemain, Peut-être qu'il a tout compris, Et que c'est moi qui ne comprends rien. Il choisit son fauteuil, il choisit ses caresses, Il part quand il veut, revient quand ça lui plaît, Il me regarde travailler avec tendresse, Comme s'il savait quelque chose que j'ignorais. Je lui parle parfois de mes grandes ambitions, Il ferme les yeux, comme s'il connaissait la chanson, Puis il s'endort sur mes contradictions, Pendant que je fabrique encore des solutions. Ah, la vie du chat, Ça doit être quelque chose, Dormir quand on veut, Ne rien faire quand on ose. Ah, la vie du chat, Sans hier, sans lendemain, Peut-être qu'il a tout compris, Et que c'est moi qui ne comprends rien. Mais parfois je me demande, au fond de ses yeux, S'il ne rêve pas lui aussi d'être quelqu'un d'autre, Peut-être qu'il voudrait courir après les jours, Avoir un rêve, un amour, une porte qui s'ouvre. Alors je caresse sa tête et je souris, Peut-être qu'on envie toujours la vie d'à côté, Lui voudrait peut-être vivre comme moi, Et moi… je donnerais tout pour être à sa place. Ah, la vie du chat, C'est peut-être une illusion, Lui dort dans son panier, Moi dans mes questions. Ah, la vie du chat, Chacun son paradis, Lui croit peut-être que je suis libre… Et moi je crois qu'il a compris.

