[Intro – Spoken Word] Si j’étais immortel… Qu’est-ce que je ferais de mieux ? J’aurais plus de temps… Ou juste plus d’excuses ? On dit que la vie est courte Mais c’est peut-être pour ça qu’elle brûle Si la mort m’oublie Est-ce que moi aussi je m’oublie [Refrain] Si la mort m’oublie est-ce que j’apprends à vivre Ou j’collectionne les siècles comme des remords dans mes livres J’ai vu le monde expirer plus souvent qu’il respire L’éternité m’sauve pas de moi-même elle m’étire [Couplet 1] Si j’étais immortel j’serais pas roi j’serais vestige Un Connor MacLeod sans victoire qui corrige Les siècles me traversent stalactites dans la mémoire Chaque souvenir pèse comme une cathédrale d’ivoire Les siècles s’empilent sédiments dans ma mémoire Cathédrales de souvenirs vitraux fêlés dans le noir Civilisations cycliques scénarios similaires Costumes différents mais mêmes haines millénaires J’ai vu des Rome brûler des Babylone en poussière Des tours comme Icare fondre en prières vers la mer L’homme change de drapeau mais garde les mêmes haines Même pièce nouveaux masques même sang sur les arènes J’ai aimé sous serment comme Orphée sous la pierre Chaque promesse une descente chaque perte un hiver À force de funérailles les émotions s’isolent Carapace émotionnelle Wolverine dans le rôle Au début j’voulais tout voir galaxies mythes royaumes Comme Icare vers le ciel l’émerveillement en somme Mais quand tout devient normal même les miracles fanent Même un dragon de légende finit poussière dans la trame Je traverse les métropoles silhouette anachronique Observateur immobile dans un monde en panique Dorian sans portrait dégradation interne Érosion silencieuse sous une façade moderne Les ères s’enchevêtrent strates lourdes sur mes tempes Chronologie en vrac comme un sablier qui rampe Le temps ne me traverse plus j’en deviens le véhicule Un survivant perpétuel dans l’histoire qui recircule J’ai vu les guerres tourner comme une roue karmique Les mêmes peurs recyclées en discours politiques Même fin du monde juste une version HD Même enfer humain mais mieux scénarisé Puis j’comprends sous un ciel que j’ai déjà vu mourir Que la fin donne un goût que l’infini peut pas offrir Qu’un battement fragile vaut mille ères éternelles Que c’est la limite qui rend la seconde réelle L’immortalité c’est pas un don c’est une chaîne Un chemin sans horizon un cri qui se déchaîne J’ai tout le temps pour devenir quelqu’un de meilleur Mais si j’le fais pas maintenant j’le ferai jamais ailleurs [Refrain] Si la mort m’oublie est-ce que j’apprends à vivre Ou j’collectionne les siècles comme des remords dans mes livres J’ai vu le monde expirer plus souvent qu’il respire L’éternité m’sauve pas de moi-même elle m’étire [Couplet 2] Toi tu comptes tes années moi j’compte les disparitions Toi tu crains le point final moi j’envie ta conclusion Tu parles de plus tard de projets d’horizons Moi j’ai vu mille plus tard finir dans l’érosion Tu crois manquer de temps c’est le temps qui te donne L’urgence qui réveille la peur qui façonne Moi j’ai l’éternité mais aucun feu sous la peau Un immortel tiède condamné au tempo T’as peur de rater ta vie de tomber d’être brisé Moi j’ai raté cent fois et rien n’a bougé L’infini pardonne tout donc rien n’est sacré Quand tout peut recommencer rien ne mérite d’être fait Regarde mes yeux c’est des musées de visages Des amours des amis des siècles de passages Chaque prénom gravé comme une ride invisible Toi tu perds une fois moi c’est structurel c’est terrible T’as la mort derrière toi comme un rappel discret Moi j’ai rien dans le dos juste un vide qui me suit de près Toi chaque choix est lourd chaque minute est dense Moi j’peux tout repousser donc je vis en absence Alors vis même mal même cassé même en vrac Ton cœur bat à crédit le mien tourne en boucle en track Ta fin est une lame mais elle rend tout réel Moi j’ai l’éternité et j’échangerais contre elle [Pont – Spoken Word] J’ai vu des soleils mourir Des langues disparaître Des dieux tomber dans l’oubli Et tu sais quoi Rien de tout ça n’était le plus dur Le plus dur C’est quand plus rien ne te fait peur Quand demain est garanti Quand tu peux tout remettre à plus tard Parce que sans fin Y a plus d’urgence Et sans urgence Y a plus de vie