
Dans le silence effilé de la chambre blanche, Une femme avance, le cœur encore tiède, Entre ses doigts tremble une fleur qui penche, Rouge comme un cri retenu dans la neige. Derrière elle, la Mort pose ses doigts, Un squelette aux yeux vides mais au souffle brûlant, Il enlace son ombre comme on serre une proie, Mais elle, elle reste droite, le regard vivant. Oh, danse, belle âme, même quand le froid te frôle, Même quand les os murmurent ton nom dans ton dos. Tu tiens une fleur qui noie la nuit sous son envol, Tu fais saigner la lumière au bout de tes phalanges d’or. Il lui arrache la peau, mais jamais le courage, Il voudrait la prendre tout entière dans sa tombe. Elle, elle répond par un frêle paysage : Une fleur écarlate qui refuse de tomber dans l’ombre. Et même si la chair se déchire un instant, Même si le passé mord encore sur ses traces, Elle serre ce rouge comme on serre un serment, Comme si chaque pétale sonnait la fin des menaces. Oh, danse, belle âme, même quand le froid te frôle, Même quand les os murmurent ton nom dans ton dos. Tu tiens une fleur qui noie la nuit sous son envol, Tu fais saigner la lumière au bout de tes phalanges d’or. Il la croit fragile… mais c’est lui qui tremble, Car elle porte en elle un feu que rien n’éteint. La Mort derrière elle n’est plus qu’un pauvre symbole, Une cage vide qui n’a jamais su retenir demain. Danse encore, danse, que la nuit s’effondre, Que la fleur rouge éclaire tes cicatrices sans honte. Même quand la Mort enlace ta peau pour la tordre, Ton âme, elle, respire… et c’est elle qui l’emporte.

