
[@FreyjartFr / Tous Droits réservés] ©FreyjartFr - 2026 Série des syndromes - Syndrome de Diogène __________ Les jours se sont mis à s’empiler, Comme des ombres que je n’ai jamais su trier. Je marche dans des murs de choses serrées, Où chaque silence revient me frôler. Les nuits glissent sans jamais s’arrêter, Elles s'posent sur moi comme un poids glacé. Je vis dans un espace trop encombré, Où même mes pensées n’ont plus de place pour respirer. Sous les piles, je glisse hors de la lumière, Sous les piles, je deviens poussière. Si tu frappes, tu n’entendras qu’une frontière, Entre moi et le monde qui reste derrière. Je garde tout, même les ruines, pour fuir le vide, Pour que le monde dehors ne me frappe pas, trop rapide. Ici, je deviens un souffle, presque fluide, Un corps discret dans un refuge qui décide. Je sais que ça ressemble au chaos, à l’inutile, Mais pour moi chaque tas est une frontière fragile. Chaque recoin raconte une histoire immobile, Une mémoire qui s’accroche, une présence docile. Ce n’est pas du désordre, c’est une défense, Une manière de tenir debout malgré l’absence. Si tu touches à mes ruines, je perds ma résistance, Et je tombe avec elles dans une lente descendance. Je sais que je m’enferme dans cette abondance, Que je me perds dans ma propre errance. Mais dehors, tout va trop vite, trop dense, Ici, au moins, le silence a une consistance. Ne déplace rien, tu briserais ma lueur, Ce fragile équilibre entre poussière et peur. Je m’accroche à mes ruines comme à une chaleur, Une trace qui me retient quand je me fais rumeur. Peut‑être qu’un jour, je trouverai une hauteur, Un chemin qui ne sent pas la douleur. Mais pour l’instant, je reste spectateur, D’un monde qui s’empile autour de mon cœur. Sous les piles, je glisse hors de la lumière, Sous les piles, je deviens poussière. Si tu frappes, tu n’entendras qu’une frontière, Entre moi et le monde qui reste derrière. Peut‑être qu’un jour, je saurai tout revoir, Peut‑être qu’un jour, je saurai me revoir.

