
[Verse 1] Je viens avec ma craie et mes livres ouverts, et je dis: pour sauver l’homme, il faut un Dieu qui se serre. Un kénotisme modéré, pas la chute, pas l’effacement, mais un voile sur certains attributs, le temps d’un vrai mouvement. S’il veut prendre notre chair, marcher nos routes de poussière, il faut qu’il laisse, pour un temps, le bord tranchant du mystère. Car comment pleurer nos deuils, habiter notre mesure, si tout brûle en lui d’avance, sans passage, sans blessure? Je ne veux pas l’amoindrir, je veux le rendre recevable: un Dieu proche jusqu’au sang, dans une forme habitable. Pour être homme de plein droit, il faut la limite, la faim, il faut le oui de la faiblesse, il faut le poids de demain. [Verse 2] Et l’autre lève la tête, calme comme une colonne: “Tu veux sauver le paradoxe, mais tu brises ce qui l’ordonne. Dieu n’est pas un être qui se prête, se retire, se remanie; sa simplicité le tient, sa vérité n’a pas de pli.” Ses attributs ne sont pas des pièces qu’on dépose au vestiaire, pas des habits qu’on quitte pour descendre dans la matière. Il ne change pas ce qu’il est, il ne se réduit pas, et pourtant, sans rien ôter, le Verbe a pris notre pas. Vrai homme, de même nature, non par fiction, non par théâtre, mais par l’union hypostatique, sans mélange et sans se battre. Une seule personne, deux natures, sans confusion, et Chalcédoine tient debout dans le feu de la question. [Pre-Chorus] Alors dis-moi, qui sauve le réel? Qui garde l’infini sans le rendre infidèle? Alors dis-moi, où tremble la raison? Dans l’abandon d’en haut, ou dans l’union? [Chorus] Un seul Christ, deux natures Un seul Christ, sans fêlure Ni mélange, ni rupture Vrai Dieu, vrai homme, même culture (même nature) Un seul Christ, deux natures Un seul Christ, sans fêlure Chalcédoine, lumière dure Dieu parmi nous, sans bavure [Verse 3] Moi je crains que ton Dieu, s’il ne cède jamais, reste trop loin du sang qui colle aux mains des humains. S’il ne renonce à rien, comment partage-t-il nos nuits, comment entre-t-il vraiment dans le fracas de nos vies? L’autre répond: “C’est précisément là le miracle, non pas un Dieu amputé, mais un Dieu qui s’incarne. Sa puissance n’est pas faiblesse quand elle vient nous relever, et sa gloire n’a pas besoin de se retirer pour nous sauver.” Pas de nature abîmée, pas de divinité diminuée, mais le Même qui se donne, et la chair est assumée. Ce n’est pas moins de Dieu, c’est plus de proximité: l’éternel dans notre histoire, sans perdre son identité. [Bridge] Écoute bien: si Dieu devient petit, il cesse d’être Dieu. Si Dieu reste lointain, il ne nous rejoint pas. Mais s’il est ce qu’il est, et qu’il prend ce que nous sommes, alors le mystère tient, et l’homme voit le Nom. [Chorus] Un seul Christ, deux natures Un seul Christ, sans fêlure Ni mélange, ni rupture Vrai Dieu, vrai homme, même culture (même nature) Un seul Christ, deux natures Un seul Christ, sans fêlure Chalcédoine, lumière dure Dieu parmi nous, sans bavure [Outro] Je pose ma craie, tu fermes tes livres, et la salle entière demeure à vivre. Ni Dieu dilué, ni Dieu lointain: un seul Seigneur, vrai Dieu, vrai homme, dans nos mains.

