
Psaume Saint Maurice de déploration
Saint Maurice Richard, Saint Maurice Richard pourquoi m’as-tu abandonné ? Tu restes loin, tu ne viens pas me secourir, malgré toutes mes plaintes. Saint Maurice Richard, Saint Maurice Richard, pourquoi m’as-tu abandonné ? Tu restes loin, tu ne viens pas me secourir malgré toutes mes plaintes d’abonné. Saint Maurice, le jour, j’appelle, mais tu ne réponds pas. La nuit, je crie devant mes statistiques, sans trouver de repos. Pourtant tu es le Saint de l'ancient Forum, tu sièges dans la mémoire au milieu des louanges de la Sainte Flanelle. En toi déjà, nos anciens se confiaient ; oui, ils comptaient sur toi, et tu les délivrais avec ton ardeur. Lorsqu’ils criaient vers toi, ils étaient relevés, lorsqu’ils comptaient sur toi, ils n’étaient pas déçus. Mais moi, je ne suis plus qu’un fan défait, on me raille sur les réseaux, le peuple me méprise quand je crois encore. Ceux qui me voient se rient de moi. Ils ricanent en secouant la tête : « Il se confie en la Sainte Flanelle ? Eh bien, que la Sainte Flanelle le délivre ! Puisqu’il y trouve encore du plaisir, qu’elle le console donc ! » Pourtant c’est toi qui m’as fait aimer ce club dès mon enfance, c’est toi qui m’as mis en sécurité sur les genoux de mon père devant le match du samedi. Dès mon jeune âge, j’ai été placé sous ta garde. Dès avant mes souvenirs, tu es devenu mon Saint. Ne reste pas si loin de moi, car la défaite est proche, et personne ne vient pour m’aider. De féroces équipes m’environnent : les puissants de la Ligue encerclent nos pauvres défenseurs. Ils ouvrent largement leurs gueules contre nous, comme des lions rugissants qui déchirent nos espoirs. Je suis comme une eau qui s’écoule, tous mes os sont las des prolongations. Mon cœur est comme de la cire, il se fond à chaque défaite. Ma force est desséchée comme une vieille rondelle fendue, ma langue colle à mon palais à force de crier devant l’arbitre. Tu me fais retourner à la poussière des années sans séries. Des hordes de partisans adverses m’entourent, la meute des moqueurs m’assaille. Ils piétinent mes espoirs, mes mains et mes pieds tremblent de tension. Je pourrais compter tous mes os ; ils me regardent, ils me toisent, ils se partagent mes espoirs et tirent au sort mes prédictions. Mais toi, ô Saint Maurice, ne reste pas si loin ! Ô toi, ma force, viens en hâte à mon aide ! Délivre ma passion de l’épée de la défaite ! Protège-moi de la fureur des fans qui changent de club ! Délivre-moi de la gueule du Lion de Detroit et de la panthère de Floride ! Préserve-moi des cornes des Bulls de l’Ouest ! Oui, tu m’as répondu ! Je proclamerai à mes frères qui tu es pour la Sainte Flanelle. Je te louerai dans l’assemblée du Centre Bell. Vous tous qui portez la Sainte Flanelle, célébrez-le ! Descendants des Habs glorifiez le Rocket éternel !

