
Au parc Lafontaine, Y’a un p’tit écureuil brun, Un papa vaillant, Qui court partout le matin. Il cache des noix, il cache du pain, Il court après le destin— Mais dans sa tête tourne un refrain : « J’veux voir plus loin que les sapins ! » Le papa écureuil, Il veut grimper les merveilles, Pas juste les érables du coin, non, Mais les montagnes du Pérou au loin ! Le papa écureuil, Il rêve en remuant l’oreille, D’avoir des ailes pour faire pareil Que ses cousins volants dans le ciel, Il dit à son p’tit : « Fiston, On est p’tits mais on est forts ; On peut traverser l’monde En suivant le vent du Nord ! » Il montre les nuages : « Regarde, Tout ça, c’est notre décor ; Pis si on part demain matin, On sera au Pérou avant l’soir ! » (Bon… ça, c’est l’espoir.) Le papa écureuil, Il veut grimper les merveilles, Pas juste les érables du coin, non, Mais les montagnes du Pérou au loin ! Le papa écureuil, Il rêve en remuant l’oreille, D’avoir des ailes pour faire pareil Que ses cousins volants dans le ciel, Il dit : « Un jour, mon p’tit, On quittera les pistes cyclables, On s’perdra dans la cordillère, Avec un sac biodégradable. On fera des selfies d’écureuils Sur les ruines impériales, Pis on reviendra à Montréal Pour raconter ça à l'amicale ! » Le papa écureuil, Il veut grimper les merveilles, Pas juste les érables du coin, non, Mais les montagnes du Pérou au loin ! Le papa écureuil, Il rêve en remuant l’oreille, D’avoir des ailes pour faire pareil Que ses cousins volants dans le ciel, Un beau matin d’octobre, Il dit : « C’est aujourd’hui ! On s’en va vers le Sud, Toi pis moi, mon petit ! » Ils montent sur un bateau, Puis sur un camion de fruits, Ils voyagent sur le vent Et sur des chemins fleuris. Ils voient la cordillère, Les sommets scintillants, Et dans leurs deux poitrines, Ça bat poum-poum tout le temps, Deux petits cœurs d’écureuils Qui vibrent en même temps… Le papa écureuil, Il veut grimper les merveilles, Pas juste les érables du coin, non, Mais les montagnes du Pérou au loin ! Le papa écureuil, Il rêve en remuant l’oreille, D’avoir des ailes pour faire pareil Que ses cousins volants dans le ciel, Mais après tant de routes, De soleil et de poussière, Il dit à son p’tit : « On retourne à notre terre. Le monde, c’est magnifique, Mais j’veux revoir Montréal, Les érables du parc, Le lac, le vieux banc banal. » Ils rentrent à Montréal, Le vent frais sous les cils, Et leurs cœurs de p’tits écureuils Font tip-tip, plus tranquille. « C’est chez nous, dit papa, Et ça… c’est difficile à battre. » Le papa écureuil, Il a grimpé les merveilles, Il a vu les montagnes du Sud, Et les étoiles au ciel nu ! Mais le papa écureuil, Il dit en remuant l’oreille : « Le plus beau des mondes, mon p’tit, C’est le parc qu’on connaît ici. » Et leurs p’tits cœurs d’écureuils heureux Font poum-poum dans le vent frileux.

