
[Intro – piano seul, violoncelle lointain] [Couplet 1 – voix grave (lui), slam] Moi je ne croyais à rien, ni aux signes ni aux cartes, juste aux dés qu'on lance mal et aux pneus qui crèvent tard, aux trains manqués d'une minute, aux amis qui s'écartent, une vie de pile ou face, de travers et de hasard. J'ai pris tant de mauvaises routes, tant de détours inutiles, des villes où je n'avais rien à faire, des années pour rien, des mauvais choix d'amour, de boulot, des chemins faciles — je croyais m'être perdu. Je venais vers toi, de loin. [Refrain – deux voix] Tous les mauvais chemins menaient chez toi, chaque erreur de ma main traçait ta voie. Les détours, les faux pas, les jours perdus en vain — je ne le savais pas : c'était le bon chemin. [Couplet 2 – voix féminine (elle), le groove entre] Moi j'ai changé sept fois de ville, d'adresse, de boîte aux lettres, j'ai failli partir au loin, j'ai failli dire oui ailleurs. J'ai pleuré des départs, j'ai maudit des « peut-être », j'ai cru que j'arrivais toujours partout à la mauvaise heure. Et ce soir de novembre où l'on m'avait posé un lapin, j'ai poussé la porte d'un bar pour ne pas rentrer seule sous la pluie — tu étais là, au comptoir, à attendre toi aussi quelqu'un qui n'est jamais venu. Merci à eux : ils nous ont réunis. [Refrain – deux voix] Tous les mauvais chemins menaient chez toi, chaque erreur de ma main traçait ta voie. Les détours, les faux pas, les jours perdus en vain — je ne le savais pas : c'était le bon chemin. [Pont – parlé, à deux, piano seul] (lui) Je ne crois toujours pas aux étoiles. (elle) Ni aux horoscopes, ni aux lignes de la main. (lui) Mais je regarde en arrière, (elle) et tous les fils se rejoignent, (ensemble) comme si quelqu'un avait cousu nos erreurs ensemble, en secret. [Break instrumental – piano et violoncelle] [Couplet 3 – les deux voix en alternance] (lui) Si j'avais pris le train d'avant, si tu avais dit oui là-bas, (elle) si ma voiture avait démarré, si ton patron t'avait gardé — (lui) on se serait croisés, peut-être, sans se voir, sans un pas, (elle) deux inconnus dans une foule, deux étrangers sur le pavé. (lui) Alors je ne regrette plus rien, ni les échecs, ni les années, (elle) ni les cœurs cassés d'avant, qui m'ont appris à t'attendre. (ensemble) Il fallait toutes ces chutes pour savoir où tomber : dans tes bras, au bout du monde, au bout de tous nos méandres. [Refrain final – deux voix, pleine voix] Tous les mauvais chemins menaient chez toi, chaque erreur de ma main traçait ta voie. Et s'il fallait demain refaire tous ces faux pas, je reprendrais sans fin les mêmes détours. Vers toi. [Outro – piano seul, violoncelle qui s'éteint] (elle) Tu crois au destin, maintenant ? (lui) Non. (lui) Je crois en nous.

