
J'ai rencontré un homme au bord de la route, assis près d'un vieux mur couvert de lierre. Il regardait passer les voitures, comme on regarde couler une rivière. Il avait dans les mains une valise, un peu trop grande pour ses vieilles épaules. Je lui ai demandé : « Vous allez où ? » Il a souri : « Je ne sais plus très bien. » Après la pluie, la route brille, et le soleil revient doucement. On croit savoir où l'on s'en va, mais le chemin décide autrement. Après la pluie, les champs respirent, le ciel s'éclaircit au loin. Parfois il suffit de marcher encore pour retrouver son chemin. Il m'a raconté qu'il avait voyagé, de ville en ville, pendant des années. Il avait cherché quelque chose partout sans jamais savoir ce qu'il cherchait. Puis un matin, dans une petite gare, il avait vu son train partir sans lui. Il n'avait pas couru après le train, il était resté là, simplement surpris. Après la pluie, la route brille, et le soleil revient doucement. On croit savoir où l'on s'en va, mais le chemin décide autrement. Après la pluie, les champs respirent, le ciel s'éclaircit au loin. Parfois il suffit de marcher encore pour retrouver son chemin. Je lui ai demandé s'il regrettait les trains, les villes et les années. Il a regardé le ciel quelques secondes : « On ne regrette que ce qu'on a aimé. » Après la pluie, la route brille, et le soleil revient doucement. On ne sait jamais où l'on arrive, mais on peut choisir d'avancer. Après la pluie, les champs respirent, le vent se lève au loin. Je suis reparti sans lui demander où son chemin le mènerait. La route était encore humide, le jour commençait à tomber. Je n'ai jamais revu cet homme, mais je me souviens de son sourire.

