En soixante-huit vous êtes arrivés, Le poing en l’air, prêts à tout changer, « On va bâtir un Québec plus fort! » Tabarnak, vous en promettiez de l’or. Mais quand les coffres ont commencé à crier, C’est les travailleurs qui ont ramassé : Salaires coupés, syndicats brassés, Crisse que le rêve avait changé! Ô Parti québécois, vieux char bleu rouillé, Ça promet le grand soir depuis cinquante années! Un référendum par-ci, une promesse par-là, Pis câlice, on attend encore le grand résultat! PQ, PQ, sacrament de rodéo, Un tour à gauche, un tour à droite aussitôt, Vous dites : « Québec, on va te délivrer! » Mais le maudit cadran continue de sonner! 1982-83 René disait : « On défend les travailleurs! » Jusqu’au jour où les finances ont fait peur, Le gouvernement sort son gros marteau : « On va couper dans votre gâteau! » Des salaires amputés temporairement, Des conditions décrétées par le gouvernement, Pis la loi 111 débarque dans le décor : Les profs se demandent : « On est-tu vos ennemis, câlisse, encore? » Ô Parti québécois, vieux char bleu rouillé, Même tes propres alliés se sont fait cogner! Tu cries « solidarité! » devant les caméras, Pis quand ça chauffe : « Mange donc ça, tabarnak! » 1995 Puis Parizeau sort le grand projet, Cette fois, c’est sûr, le Québec est prêt! Les pancartes poussent, le pays s’en vient, On compte les votes jusqu’au lendemain. Quarante-neuf virgule quarante-deux pour cent, Crisse que ça passe proche en sacrament! Le rêve s’écroule pour quelques bulletins, Pis le lendemain… ostie de mal de crâne collectif au matin. Bouchard et le déficit zéro Arrive Bouchard : « Faut équilibrer! » Les colonnes de chiffres vont toutes s’aligner. Déficit zéro devient la religion, Serrez vos ceintures, voici la solution! On coupe, on restructure, on rationalise, Santé, fonction publique : faut qu’on économise. Le comptable sourit devant son beau zéro, Pendant que le monde demande : « Câlice, la facture, qui la paye au juste, mon coco? » Puis chef après chef, année après année, On repeint le même vieux char accidenté : « Cette fois-ci, promis, le pays s’en vient! » Sacrament, ça fait longtemps qu’on connaît le refrain! Boisclair! Marois! PKP! Lisée! PSPP reprend le volant du vieux Chevrolet! Ô Parti québécois, vieux char bleu rouillé, T’as brassé le Québec, ça faut te l’accorder! Des bons coups? Certain. Mais cette chanson-là Est là pour parler de ceux qu’on n’oublie pas! Des travailleurs décrétés aux compressions budgétaires, Des référendums perdus aux chicanes populaires, Vous promettez encore un pays à bâtir… TABARNAK, ÇA FAIT CINQUANTE-HUIT ANS QU’ON ATTEND DE VOIR FINIR! PQ! PQ! « Cette fois-ci, c’est la bonne! » Ouais… C’EST ÇA QUE VOUS DISIEZ LA DERNIÈRE FOIS, CÂLISSE!