
TRIUM VIRA :Le Corbeau et les passages (la rencontre)
[Intro] [Forest ambience, distant raven, fingerpicked acoustic guitar] Les forêts gardent des passages Que les cartes refusent de dessiner. Ce soir-là... L'une d'elles décida d'en ouvrir un. [Verse 1] Le vieux loup marchait sans bruit, Le museau rempli d'odeurs anciennes. Il connaissait les pierres par leur silence, Les racines par leurs veines. Les étoiles vivaient bien au-dessus, Comme les fenêtres d'un autre quartier. C'était beau quand la nuit les allumait, Sans jamais lui demander d'y monter. Depuis longtemps, il cheminait Entre le monde des morts Et celui des vivants. Les fantômes lui semblaient familiers... Le ciel, beaucoup moins. [Pre-Chorus] Puis... Un battement d'ailes. Un rire. Et les sentiers oublièrent leur direction. [Chorus] Le Corbeau volait si vite Que les chemins perdaient leur nom. Les fougères changeaient de saison À chacun de ses bonds. Le vieux loup leva le museau. On ne suit pas un Corbeau... Sauf quand il connaît des passages Que même les rêves ignorent. [Verse 2] Le Corbeau sautait d'un monde à l'autre Comme on traverse un ruisseau. Chaque détour ouvrait une porte Dont le loup ignorait le seuil. Le Corbeau parlait d'univers Comme d'un simple sentier. Le vieux loup savait suivre les fantômes... Pas encore les étoiles. Quand les mots devenaient trop grands, Le vieux loup hochait doucement la tête. En espérant que personne Ne lui fasse réciter la carte du ciel. Au fond... Il comprenait une chose. On n'a pas besoin De parler la même langue Pour marcher Dans la même direction. [Bridge] Au sommet d'un ciel sans fin Un Aigle observait les étoiles. Pas comme on les admire. Comme on retrouve De vieux compagnons de route. Le vieux loup leva les yeux. Il ne comprenait pas encore ce monde... Mais il avait envie d'en suivre les traces. [Final Chorus] Le Corbeau ouvrait les passages. L'Aigle gardait les constellations. Le vieux loup suivait leurs pas Avec la terre encore collée aux pattes. Il comprenait une phrase sur deux. Mais les vraies rencontres N'ont jamais demandé Le même langage. [Outro] La nuit referma doucement le passage. Les arbres retrouvèrent leur place. Le silence aussi. Le Corbeau replia ses ailes. L'Aigle leva une dernière fois les yeux. Le vieux loup regarda le ciel. Cette fois... Un peu plus longtemps. Le Corbeau se nommait... Saturne. L'Aigle répondait au nom de... Altaïr. Et le vieux loup... Les forêts le connaissaient déjà. Le ciel, lui... Venait de lui donner un nom. Orion.

