
J'ai bu l'eau claire au bord du puits, Sans voir le fond qui s'asséchait. Voici le soir, voici la nuit, Sur le versant qu'on a brûlé. Une étincelle entre nos doigts, Et l'herbe sèche a pris le feu. Je n'ai plus rien à dire pour moi, Regarde l'ombre sous tes yeux. Regarde comme la terre expire, La sève brûle dans nos poumons. Sous la fumée des ciels éteints, On marche ensemble et on respire. (On respire...) Tes doigts me tendent un bout de bois, Encore tiède sous la suie. On a marché sans faire un choix, Jusqu'au silence de la pluie. Rien à maudire, rien à prier, La faute pèse dans nos mains. Mais dans la cendre sous nos pieds, Le sol se souvient du matin. Regarde comme la terre expire, La sève brûle dans nos poumons. Sous la fumée des ciels éteints, On marche encore sans dire un nom. (Sans dire un nom...) Je pose cette graine dans ton poing. Ne la jette pas. Ne demande rien. C'est notre boue. C'est notre terre. C'est tout ce qu'il reste à faire. Regarde comme la terre expire, La sève éclate dans nos poumons ! Sur la cendre noire des années, Du fond du silence on respire. (On respire...) Sous le noir, La première pousse attend l'eau.

