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L'Enfant d'Entrope

V5.5

[ intro: parlée, voix suave sans couleur sexuelle juste androgyne, phrasé moelleux et accent qui pétille] un petit corps remuait doucement perdu dans les entrailles de la terre il ouvrait ses petits doigts potelés pour jouer avec le vide et chose impensable en d'autres temps, le vide lui répondant en douces berceuses, jouait délicatement de ces scalpels de noirceur sans lui arracher aucun cri, comme si il jouait avec lui. [pause instrumentale, basson, didgeridoo, petits tambours lents, djembé qui incante] [couplet: voix de narration devient plus douce, presque caline, tendre, pour un chant de berceuse divine] "un morceau de la terre mère, une goutte des neufs enfers, un doigt pris aux rayons de l'univers, le fil des moires, le secret des créations d'Entrope, la lumière des dragons anciens pour y cacher l'éternité, quelle que soit la mort qui t'emporte, et un morceau de l'orichalque pour te guider et te donner tous les pouvoirs, quelques pétales de rose pour le féminin, en ton sein, l'eau de Nunes fraîchement puisée et la lune des printemps que j'ai volé à un ver annelé, voilà en ton âme infinie et multiple, je rajoute ceci" [pont: on entends des bruits de succion, des râles, un bruit de vieille chambre à air] [refrain: ambiance sacrificielle, presque sacrée, amour intense, une harpe céleste, un tintement de synth glass, des cloches graves] le vide se déploie le thorax, une chose sombre semble le soutenir et joignant le geste à la parole, le vide s'ouvre les chairs, son cœur battant encore, tenu du bout de ses doigts de poupée, il tremble, il hurle de cette vie, qu'il vient de sa propre décision de s'enlever, la forme sombre l'aide à le déposer, comme une offrande, dans le vide des poumons du nouveau né. [voix masculine de basse, lente, posée, presque froide] une voix comme aspirée par les comètes prononce des mots inintelligibles qui n'ont plus d'importance. "moi, le temps je t'offre mon obéissance et mon amour, je vais te mener en des univers étranges et t'enseigner toutes langues, les cultures, les savoirs interdits, je donnerai à nos errances, le temps qu'il te faudra pour être, ton propre destin et la direction que tu auras choisi. Entre maintenant enfant d'Entrope... en mes cours immenses et mes palais endormis, tu auras un pouvoir immense, qu'aucun êtres ne pourra te contester, tu seras l'un, l'unique, le tout, celui qui donne un sens à la création, celle là même qui se meurt du jeu des divins aveuglés, tu as pour toi, la sagesse de toutes les connaissances et ce que tu voudras en faire durant ton éternité" [pont instrumental: le rythme change] [outro] l'enfant d'un étrange bâillement, cligne des yeux et s'endort, un petit craquement s'instille dans toutes les failles de l'univers. des dimensions se percutent, une musique sourde semble crier dans une langue sans nom... Tout s'effondre, les réalités, les mondes, les cuviers rejetons, les moires, les ZIIIG, comme si tout était enfermé dans un cocon de basalte, la terre tremble, un océan de lave s'engouffre dans les entrailles de la terre. "l'enfant baille, laissons Entrope veiller sur son sommeil"