
(Verse 1) Dans l'usine grise, sous les néons blafards, On taille le buis, du matin jusqu'au soir. Nos mains sont calleuses, notre dos est courbé, Pour fabriquer des maillets qu'on ne pourra jamais toucher. Chaque boule qu'on polit, chaque arceau qu'on façonne, Est une insulte à notre classe, un trône pour leur couronne. (Chorus) Le croquet, camarade, c'est le sang de l'ouvrier ! C'est notre sueur sur leur gazon, sous leurs souliers vernis. Ils frappent nos espoirs, avec nos propres maillets, Pendant que nous, dans l'ombre, on crève pour un maigre sursis. Le grand capital ricane, un verre de champagne à la main, En écrasant le prolétaire, sur son terrain. (Verse 2) Le patron nous parle de "fierté du travail", Pendant qu'il part en week-end jouer près de Versailles. Il nous montre des photos de ses parties endiablées, Avec ses amis ministres et ses banquiers galonnés. Ils rient de nos vies, de nos luttes, de nos peines, En passant un arceau, ils resserrent nos chaînes. (Chorus) Le croquet, camarade, c'est le sang de l'ouvrier ! C'est notre sueur sur leur gazon, sous leurs souliers vernis. Ils frappent nos espoirs, avec nos propres maillets, Pendant que nous, dans l'ombre, on crève pour un maigre sursis. Le grand capital ricane, un verre de champagne à la main, En écrasant le prolétaire, sur son terrain. (Bridge) Mais un jour, camarade, la machine s'arrêtera ! Les maillets que nous faisons, contre eux se lèveront ! On plantera les piquets de la révolte sur leurs pelouses si vertes, Et leurs boules en ivoire rouleront vers leur perte ! Le son du "CLAC" ne sera plus un jeu, mais le bruit de leur chute ! (Outro) Le croquet sera nôtre ! Le gazon sera rouge ! [MEN SHOUT] À nous la belle partie !

