
Moi, l’exil et mon livre Je vis sur les routes, Éternel voyageur… Ni les océans chargés de désir Ne pourront avoir raison de moi, Ni les montagnes Ne pourront barrer mon chemin. Le sable du désert me connaît, Et cette terre immense aussi… Je me suis perdu à sa poursuite. Je traverserai les épines pour la rejoindre, Même si cela paraît impossible. Voyageur… Moi, l’exil et mon livre, Je vis en éternel voyageur. Même si la nuit éteint toutes ses étoiles, Elle ne me fait pas peur. Et si elle vient me défier Avec tous ses tourments, Mon pas restera sûr. Ce chemin qui est le mien, Je sais que j’irai jusqu’au bout, Parce que mon amour m’appelle… Mi amor me llama… Alors, peu importe la distance, Elle finira bien par s’effacer, Et moi, je finirai par la rejoindre. Et lorsque l’exil m’emporte Dans son tourbillon, Lorsque mes chemins Se couvrent d’obscurité, Ma chanson devient mon compagnon, Une lumière qui éclaire mes pas Et me souhaite d’arriver sain et sauf. Parfois, sur les chemins de l’exil, Je continue d’avancer, Nuit après jour, Emporté par le courant… Je souffre… Même si je dois souffrir. Je pars loin… Même si je dois vivre loin des miens. Jusqu’à ce qu’arrive enfin La hora del amor, L’heure de l’amour… Et que je puisse enfin la retrouver. Alors mes soupirs s’apaiseront… Je suis voyageur. Je l’étais hier, Y todavía… Je le suis encore aujourd’hui. La patience s’est habituée à moi, Et moi, je me suis habitué à elle. À force de vivre ensemble, Nous sommes devenus compagnons. Puis, après toutes ces années, Elle m’a enfin ouvert une porte. Elle m’a dit : « Allí están los tuyos… » Là-bas, ceux que tu aimes t’attendent. J’ai fait fondre la tristesse Qui me consumait. J’ai soigné les blessures Que je portais en moi. J’ai tant essayé de les guérir Que j’en étais épuisé… Puis j’ai semé des roses Au plus profond de mon cœur. Et j’ai retrouvé Ce sourire innocent que j’avais perdu. Alors j’ai dit à mes yeux : « Ay, mis ojos… » Mes yeux, regardez… Que la lumière se lève, Que mes yeux recommencent à chanter Sous le soleil de la paix retrouvée. Et toi, mon cœur… L’amour t’a tissé Une tente faite de rêves, Un refuge où tu pourras enfin Te réchauffer du froid des jours, Et oublier… L’exil, les départs, et cette vie passée à voyager. Adiós a la distancia… Bienvenido, amor.

