Ils comptent en milliards, nous on compte les heures, Habillés de nos sueurs, blindés d’horreurs. Ils veulent le monde, sans prendre ses douleurs — Alors j’crache mes rimes pour briser leur moteur. L’intelligence est morte dans leurs tours d’ivoire, Reste plus qu’les algo pour croire et pour voir. Ils sniffent la croissance comme un rail de pouvoir, Et crament l’avenir pour gonfler leur avoir. Ils perforent la Terre à coups de dividendes, Puis vendent l’apocalypse dans des pubs souriantes. Leur empire, c’est du vent, gonflé à l’artifice, Des géants sans pensée, juste des chiffres complices. C’est les rois en plastique, les dieux de pacotille, Qui prient le profit, crucifient les villes. Leurs mains pleines d’or sont pleines d’exil, Pleines de silence et de milliards stériles. C’est les rois en plastique, les dieux de pacotille, Qui prient le profit, crucifient les villes. Leurs mains pleines d’or sont pleines d’exil, Pleines de silence et de milliards stériles. Quand on dit justice, ils crient “c’est l’enfer !” Quand on parle partage, ils sortent les revolvers. Ils planquent le magot derrière mille frontières, Pendant qu’on crève à découvert sur terre. Ils sabotent l’État mais pleurent leurs fortunes, Quand un impôt s’attaque à leurs paquets d’thunes. Ils se croient au sommet, mais fuient la hauteur — Leur imposture? Garder l'pouvoir sans l'moindre honneur. Rois en plastique, dieux de vitrine, Qui lavent leurs crimes dans des eaux cristallines. Déguisent l’horreur dans la philanthropie, Mais sous les rubans, c’est toujours la même folie. Rois en plastique, dieux de vitrine, Qui lavent leurs crimes dans des eaux cristallines. Déguisent l’horreur dans la philanthropie, Mais sous les rubans, c’est toujours la même folie. Ils sponsorisent l’art, partagent leurs bons vœux, Font planter des arbres à coups de jet privé. Achètent des prix, des causes, des aveux, Peignent le monde en propre — pendant qu’il crame en vrai. Ils refont le monde dans des clubs verrouillés, Transforment nos rues en vitrines privées. Ils parlent d’avenir mais fuient le présent, Et masquent leur mépris derrière de faux talents. Ils vivent sous cloche, l’air pur en bouteille, Loin des fumées, des foules, de la veille. Quand la planète s’étouffe, ils creusent des tranchées, Tant qu’ils dorment au frais, le reste peut crever. Les rois en plastique flippent dans leurs palais, Terrifiés qu’on touche à leurs jouets dorés. Ils s’accrochent à leurs yachts comme des gosses capricieux, Incapables de voir plus loin que leurs yeux. Ils parlent de mérite, ils vendent le courage, Mais vivent planqués derrière des blindages. Pas un mot sans avocat, pas un geste sans calcul — Leurs vertus s’achètent, leurs silences sont des bulles. Ils nous traitent de haine, de foule, de chaos, Mais c’est eux qui creusent nos tombes à coups d’égo. Alors qu’on crève pour de l’air, ils bétonnent leur coffre, Le monde peut brûler, pourvu qu’ils gardent l’offre. Ils veulent tout garder, tout verrouiller, Et ainsi continuer de tout s'accaparer. Mais le feu les guette, sous leurs vitres fumées — Car quand il s'allumera, on aura rien oublié...