
Dans cette pièce folk pop intime, j'explore la puissance silencieuse du langage à travers une poésie riche en figures de style. Des murs « impatients » aux mots qui « changent de peau », chaque vers invite à une réflexion profonde sur la manière dont les mots façonnent notre réalité et portent nos blessures comme nos trésors. Une ballade mélancolique et lumineuse où le langage devient une maison pour l'âme. Suite de la chanson "1-Le mirroir des mots" ++++++++++++++++++ [Couplet 1 — Hypallage] Les murs impatients m'attendaient depuis l'aube, Les fenêtres inquiètes évitaient mon regard. Une rue nostalgique cherchait ses passants, Et les pavés fatigués portaient mon retard. Le café silencieux refroidissait les heures, Les fauteuils mélancoliques écoutaient mon départ. Même le ciel distrait oubliait les oiseaux, Dans cette ville lasse de me voir trop tard. Refrain Les mots changent d'épaule, Les mots changent de peau. Ils déplacent le monde Sans faire le moindre bruit. On croit les reconnaître, Ils voyagent ailleurs. Le langage nous écrit Bien avant notre cœur. [Couplet 2 — Métalepse] J'ai mangé mon héritage Avant d'avoir des enfants. J'ai brûlé mes lendemains En soufflant sur le présent. J'ai vendu tous mes printemps Pour acheter des hivers. Aujourd'hui je récolte Les semences d'hier. Je porte au bout des doigts Les conséquences invisibles De gestes oubliés Qui me suivent, impassibles. Refrain Les mots changent d'épaule, Les mots changent de peau. Ils déplacent le monde Sans faire le moindre bruit. On croit les reconnaître, Ils voyagent ailleurs. Le langage nous écrit Bien avant notre cœur. [Couplet 3 — Paradiastole] Tu dis : « Il est têtu. » Je réponds : « Persévérant. » Tu vois de la lenteur, J'y vois du temps vivant. Tu cries à la faiblesse, J'entends de la douceur. Tu nommes de la peur Ce qui protège un cœur. Chaque mot rend un verdict, Chaque bouche fait un roi. Ce n'est pas le monde qui change, C'est le nom qu'on lui donne parfois. [Pont — Hendiadys] Je partirai avec patience et courage. Je garderai silence et dignité. Nous avancerons entre lumière et confiance. Nous choisirons mémoire et fidélité. Il ne restera que souffle et tendresse, Que force et bonté, Comme si deux mots réunis Pesaient plus qu'une vérité. [Dernier couplet — Épanode] J'ai trois trésors : Le temps, Le doute, La voix. Le temps m'apprend à perdre. Le doute m'apprend à chercher. La voix m'apprend à rester. J'ai trois blessures : L'absence, L'orgueil, L'oubli. L'absence ouvre la porte. L'orgueil ferme les fenêtres. L'oubli rallume les chemins. J'ai trois raisons de chanter : Vous, Les mots, Demain. Vous donnez un visage. Les mots donnent un passage. Demain donnera le reste. Outro Les figures se cachent Dans les gestes ordinaires. Elles ne demandent jamais Qu'on retienne leur nom. Elles préfèrent qu'on retienne Le frisson qu'elles laissent Quand un simple vers Devient une maison.

