
Deux gamins dans le même foyer. Deux cabossés de la vie. Deux caractères opposés. Hervé, le loubard. Hassan, le sourire. Ils pensaient connaître la galère... Ils ne savaient pas encore qu'elle allait les séparer par des kilomètres. Mais pas par le cœur. On s'est connus quand la vie nous avait foutus au placard, Deux mômes en foyer, deux regards de lascars, Pas besoin de grands discours, on savait déjà tout, Les coups de la vie nous avaient appris le goût des coups. Moi j'avais la dégaine, le cuir, les cheveux en bataille, Le genre à faire trembler les murs quand la colère travaille, J'étais punk, j'étais loubard, j'avais la rage en bandoulière, Je crachais sur le monde avant même de connaître la Terre. Et toi t'étais différent, toujours ce putain de sourire, Le genre à bosser dur quand moi je voulais tout détruire, Honnête jusqu'au bout, même quand la vie te mettait à genoux, T'avais le cœur immense là où moi j'avais des clous. On venait pas du même monde, mais on partageait le même toit, Deux frères sans le sang, mais deux frères quand même, crois-moi. On s'est choisis dans la merde, dans les murs et les emmerdes, Et depuis ce jour-là, frère, plus rien ne nous sépare. Hervé, Hassan, deux frères dans la vie, Même quand la distance nous éloigne aujourd'hui, On peut traverser des villes, des années, des saisons, L'amitié véritable ne connaît pas de prison. Hervé, Hassan, deux frères pour toujours, Quand la vie nous éloigne, elle ne tue pas l'amour, Et si nos cheveux blanchissent au fil des années, On restera deux gamins qui se sont trouvés. Puis la vie nous a frappés, chacun dans sa direction, Comme un putain de train lancé sans destination. Un départ, une ville, un autre horizon, Et soudain notre fraternité devait survivre aux kilomètres. Mais j'ai connu des types qui promettaient pour disparaître, Des « frères » qui s'effacent dès que les problèmes apparaissent, Toi t'étais pas de ceux-là, t'as jamais vendu ton âme, Même à distance, ton amitié restait une arme. Une arme contre le temps, contre l'oubli, contre la merde, Contre tous ceux qui prétendent qu'une vraie amitié se perd. Moi j'étais toujours ce punk avec mes colères au ventre, Toi toujours ce gars droit qui bossait quand tout s'effondre. Deux chemins différents, deux vies qui prennent leurs virages, Mais quand j'entends ton prénom, je revois notre âge. Les murs du foyer, les conneries, les discussions jusqu'au soir, Deux gamins cabossés qui venaient de se trouver. Hervé, Hassan, deux frères dans la vie, Même quand la distance nous éloigne aujourd'hui, On peut traverser des villes, des années, des saisons, L'amitié véritable ne connaît pas de prison. Hervé, Hassan, deux frères pour toujours, Quand la vie nous éloigne, elle ne tue pas l'amour, Et si nos cheveux blanchissent au fil des années, On restera deux gamins qui se sont trouvés. Et les années ont couru comme des chiens sans laisse, Elles nous ont pris des proches, des forces et de la jeunesse. Les gamins sont devenus des hommes sans demander leur avis, Et le temps, ce salaud, continue même quand on lui dit non. Puis un jour j'ai compris ce que vaut un vrai frère, C'est pas celui qui partage ton sang ou ton adresse, C'est celui qui reste là quand tout fout le camp, Celui qui connaît ton passé et t'aime quand même maintenant. Alors si demain on se retrouve dans une maison de retraite, Avec des cheveux blancs et des souvenirs plein la tête, Je te reconnaîtrai frère, même si ma mémoire déconne, Parce qu'une vraie amitié, ça s'efface pas quand le temps sonne. On aura peut-être des cannes au lieu des poings levés, Des lunettes sur le nez, des histoires à raconter, Mais j'te regarderai comme au premier jour, Deux gamins dans un foyer, deux frères pour toujours. Hervé, Hassan, deux frères dans la vie, Même quand la distance nous éloigne aujourd'hui, On peut traverser des villes, des années, des saisons, L'amitié véritable ne connaît pas de prison. Hervé, Hassan, deux frères pour toujours, Quand la vie nous éloigne, elle ne tue pas l'amour, Et si nos cheveux blanchissent au fil des années, On restera deux gamins qui se sont trouvés. Du foyer... À la maison de retraite. Des kilomètres entre nous... Mais jamais assez pour séparer deux frères.

