
[Couplet 1] À peine avais-je quitté le port, quitté la pierre et les anneaux Que le ciel a viré d’un coup au fer, au plomb, au noir de l’eau Le vent s’est mis à hurler bas comme une bête qu’on réveille mal Et mon grand navire a frémi sous la morsure du grain brutal Les voiles ferlées contre les mâts battaient comme des prières On n’allait plus chercher le large, on cherchait juste à tenir la mer La barre tirait dans mes mains comme si l’orage avait des dents Et moi je sentais déjà ton absence plus fort que tout le vent [Pré-refrain] Le port n’était plus qu’une lueur perdue derrière la pluie Et toi quelque part sur le quai déjà trop loin dans la nuit Moi j’avais le sel dans les yeux et le tonnerre au-dessus Mais même face à la tempête c’est vers toi que je regardais plus [Refrain] J’affronte la tempête en sortie de port Les voiles ferlées, les mâts qui gémissent encore Le bâtiment encaisse, la mer veut me tordre en deux Mais mon cœur reste tourné vers toi comme un compas fou, fidèle au milieu du feu J’affronte la tempête loin de ma fée Le ciel veut m’arracher ce que j’avais juré Que je revienne, que je t’oublie jamais, que je tienne bon Alors je serre la barre et ton nom comme si ta lumière tenait debout dans l’horizon [Couplet 2] Les lames montaient haut, plus haut qu’un homme et ses serments Elles frappaient la coque en travers avec la haine des éléments L’étrave montait dans le vide avant de retomber trop bas Comme si le monde entier voulait me faire douter de toi Dans la mâture ça grinçait sec, le bois parlait comme un blessé Les cordages pleuraient dans le vent, tendus jusqu’à presque casser Et mes gars juraient entre leurs dents en tirant dur sur les étais Pendant que moi j’gardais au fond du cœur le calme de ton nom secret [Pré-refrain] Tu n’étais pas dans la tempête et pourtant t’étais partout Dans ma façon de tenir dans ma façon de rester debout Comme si même loin du port loin de tes mains, loin de tes yeux Tu savais encore poser du calme sur mon vieux navire furieux [Refrain] J’affronte la tempête en sortie de port Les voiles ferlées, les mâts qui gémissent encore Le bâtiment encaisse, la mer veut me tordre en deux Mais mon cœur reste tourné vers toi comme un compas fou, fidèle au milieu du feu J’affronte la tempête loin de ma fée Le ciel veut m’arracher ce que j’avais juré Que je revienne, que je t’oublie jamais, que je tienne bon Alors je serre la barre et ton nom comme si ta lumière tenait debout dans l’horizon [Pont] Je n’avais plus de toile à donner au vent plus d’élan, plus d’orgueil à jeter dedans Seulement le bois, la main, la nuit et cette promesse vivante en moi Ne pas t’abandonner Ne pas t’oublier Revenir si la mer me casse trop fort Revenir avant de couler même si je dois rentrer brisé au port Et dans le vacarme immense entre l’écume et le tonnerre j’ai compris qu’un homme tient parfois moins par sa force que par quelqu’un qui l’attend sur terre [Refrain final] Oui, j’affronte la tempête en sortie de port Les voiles ferlées, l’âme battue, le ciel qui mord Le navire ploie sans rompre et moi je tiens au milieu Parce que mon cœur reste tourné vers toi comme le seul rivage vrai que j’emporte dans les yeux Oui, j’affronte la tempête loin de ma fée Mais même le grain n’a pas su me désorienter Car sous la pluie, sous le sel, sous le fracas des haubans C’est ton nom qui garde mon cap quand la mer essaie de me prendre vivant [Outro] Alors qu’elle gronde, la tempête. Qu’elle secoue le bois, la barre et mes vieux démons. Moi, j’irai quand même. Voiles ferlées, cœur ouvert, et toute ma poitrine tournée vers toi.

