
[Intro – piano-jouet et glockenspiel, les claps entrent] [Couplet 1 – voix grave, slam, rythmé] Sept heures, le réveil, c’est toi : un monstre sur mon ventre, deux genoux dans les côtes, « Papa, t’es un cheval ! » Alors je galope au salon, à quatre pattes, je rentre dans le tapis, le fauteuil, la table basse — j’ai mal. Puis dans le jardin je suis l’avion, les bras grands ouverts, je fais trois tours du pommier, je rase les rosiers, j’atterris dans les feuilles, en vrille, à l’envers — et tu cries « Encore ! » avant que j’aie pu respirer. [Refrain – chanté, entraînant, claps, chœur d’enfants en écho] Pourquoi le ciel est bleu, pourquoi la lune nous suit, pourquoi on a deux yeux, pourquoi il fait nuit — sept fois pourquoi, sept fois je réponds, et la septième fois, on rit : c’est la bonne réponse. [Couplet 2 – le groove rebondit] Je connais les dinosaures, tous, sans en oublier un, diplodocus, tricératops, je les récite par cœur — moi qui perds mes lunettes sur mon nez chaque matin, j’ai un diplôme en T-rex, signé de ta main, aux feutres de couleur. On a fait dix fois le même puzzle sur le parquet, un château, un dragon, un ciel à n’en plus finir ; dix fois tu as posé la dernière pièce, le souffle coupé, et dix fois c’était la première, rien qu’à te voir rire. [Refrain] [Pont – parlé, piano-jouet seul] Le soir, je m’assois enfin. Le dos en miettes, les genoux verts d’herbe, de la pâte à modeler dans les cheveux. Je fais le compte de ma journée : je n’ai rien fait d’extraordinaire. [Break – glockenspiel et claps, tout repart] [Couplet 3 – voix grave, plus posée, avec le sourire] Pas de réunion gagnée, pas de dossier bouclé, pas une ligne au journal, pas un nom dans l’histoire — juste un cheval fourbu, un avion posé dans le pré, et une pièce de ciel retrouvée dans ma poche, ce soir. Et pourtant, quand j’y pense, je n’ai jamais été si riche, si utile, si vivant, si exactement à ma place. On cherche l’extraordinaire au loin, sur les affiches — il était là, par terre, avec des miettes et des grimaces. [Refrain final – chanté, claps] Pourquoi le ciel est bleu, pourquoi la lune nous suit, pourquoi on a deux yeux, pourquoi il fait nuit — sept fois pourquoi, sept fois je réponds : je n’ai rien fait d’extraordinaire, ma foi — mais c’était extraordinaire. [Outro – piano-jouet, les claps s’arrêtent, voix parlée] [enfants] Pourquoi ? [lui] Parce que je t’aime. Voilà.

