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Si Gautier m'était conté

**Couplet 1 — Fracasse** Au fond d’un château d’ombre et de brume, où le vent dormait dans les poutres nues, vivait un homme au cœur d’écume, pauvre et fier, d’un éclat inconnu. Son épée rouillait, son âme brillait, sous les haillons d’une foi farouche. Il jurait qu’un jour l’amour rallumerait le feu du monde au creux de sa bouche. **Refrain** Si Gautier m’était conté, je chanterais la rage et la fierté, les capes en feu, les cœurs trempés, les serments faits sous la rosée. Si Gautier m’était conté, je dresserais des tours d’espérance, et dans le souffle des mots sculptés, je mettrais mon âme en balance. **Couplet 2 — La Momie** Sous le sable, la beauté sommeille, endormie dans un rêve d’or. Lui, chercheur de fièvre et de merveilles, trouve l’amour là où dort la mort. Elle ne se lève pas, ne parle pas, mais son regard d’ombre le hante, et dans le silence du delta, il croit entendre une amante. **Refrain** Si Gautier m’était conté, je peindrais l’éternité, l’amour qui franchit les tombées du temps, du sable et des secrets. Si Gautier m’était conté, je ferais d’un cœur embaumé un poème pour ne pas pleurer tout ce que le monde a oublié. **Couplet 3 — L’Esprit de Gautier** Il m’a appris qu’un homme debout vaut mieux qu’un roi dans son palais. Que la plume est un fer au bout duquel la vérité se plaît. Il m’a soufflé que la misère peut fleurir d’un parfum d’honneur, et que même au fond de la terre un mot d’amour garde sa lueur. **Pont** Alors j’écris, comme il peignait, des phrases larges, des ciels entiers. Je crois encore qu’un mot bien né peut soulever un monde entier. Et quand je doute, je l’entends rire, dans un souffle d’églantier, « Ne baisse jamais ton empire, car la beauté doit régner. » **Dernier refrain** Si Gautier m’était conté, j’y mettrais ma vie, mes années, mes batailles, mes mots jurés, et tout ce que j’ai espéré. Si Gautier m’était conté, je dresserais son nom dans la nuit, comme un phare, un serment, un cri, pour que le beau nous tienne en vie. **Coda** Car du tombeau à la lumière, des ruines à la bannière, il m’a appris à traverser le temps sans jamais renoncer. Et si Gautier m’était conté, ce serait l’histoire d’un cœur ardent, qui croit encore que l’éternité commence à l’instant présent. ]