
LA BRUNE AUX YEUX VERTS
Je n'imaginais pas les cheveux De ma mère autrement que gris-blanc Sans même avoir connu cette brune Aux yeux verts qu'elle était à 16 ans Je n'aurais jamais cru que ma mère Puisse porter ses enfants Ailleurs que chez elle, et toujours Sans mon père, Honte sur toi … Maman. Et je ne savais pas qu'avant d'être Ma mère à peine à dix neuf ans, Qu'elle s'était donnée, Mais avait-elle souffert? Sous le joug des amants? Je n'aurais jamais cru que ma mère Répudie notre amour, Si je n'avais pas vu Cette brune aux yeux verts, Cette fille aux seins lourds. Comment s'imaginer la présence des torts? Elle n'avait que seize ans, Lui fêtait vingt-huit ans et il frôlait la mort Tous les jours sur les champs! Je n'aurais jamais cru que cette fille Fasse encore des enfants Et je sais maintenant Q u'une brune aux yeux verts Ne sera jamais maman! Si seulement elle pouvait revenir en arrière Et revivre dès seize ans !

