
[Intro] [Couplet 1 : La Cigale] Dans la rue du Faubourg, y avait la Cigale, Qu'avait pas un radis mais qu'avait le cœur beau, Elle chantait tout l'été sous les lampes à gaz, Pour trois sous, pour un rire, ou pour un verre de trop. *Elle chantait… elle chantait…* [Couplet 2 : La Fourmi] Et pis y avait la Fourmi, au bout de la rue, Qu'avait tout mis de côté, sou par sou, par sou, Elle comptait ses lessives et ses pains de la veille, Elle disait « l'insouciance, ça se paye au réveil. » *Elle comptait… elle comptait…* [Refrain] Y en a qui vivent la nuit, y en a qui vivent l'aube, Y en a qui sèment le rire, y en a qui sèment le blé, Mais l'hiver, dans Paris, c'est la même valse fauve Qui viendra frapper chez qui, quand le froid sera tombé ? *Frapper chez qui… quand le froid sera tombé…* [Couplet 3 : La Lettre de la Cigale] « Ma pauv' Fourmi, tu t'es privée de tout, Moi j'ai mes nuits blanches et mes amants d'un soir, Tu comptes tes pépins, moi je compte les étoiles, On verra ben, ma belle, qui de nous deux a raison. » *Qui a raison, qui a raison…* [Couplet 4 : La Réponse de la Fourmi] « Tes étoiles, petite, ça n'a jamais nourri, Ni payé le charbon, ni le loyer d'ici, Reviens donc en décembre, on verra ce qu'il te reste Un manteau de chansons, ça tient pas chaud, ma peste. » *Ça tient pas chaud… ça tient pas chaud…* [Pont] Et l'hiver est tombé sur le Faubourg qui dort, Y a une ombre qui rôde et qui frappe aux volets clos… [Refrain final] Y en a qui vivent la nuit, y en a qui vivent l'aube, On ne prête, dit-on, qu'aux gens qui ont déjà, Mais qui donc a gagné, dans cette valse fauve Celle qui a tout gardé, ou celle qui a tout donné ? [Outro] La Cigale a frappé... la porte est restée close... Moralité, mon vieux : le monde est ainsi fait, On pardonne la cigale, mais jamais on ne l'invite. *Jamais... on ne l'invite...*

