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Même le diable veut pas de moi

J’ai demandé au ciel, personne a répondu, J’ai frappé chez l’enfer, même eux m’ont pas voulu. J’traîne mon ombre comme une dette derrière moi, J’suis tellement perdu que même le diable veut pas de moi. J’ai grandi dans le bruit, maintenant j’aime le silence, Les sourires sont polis, les blessures sont immenses. J’ai donné ma confiance à des mains pleines de couteaux, Depuis j’serre plus les gens, j’serre seulement les crocs. J’ai des souvenirs morts qui respirent dans ma tête, Chaque nuit c’est le passé qui revient faire la fête. On m’dit : « demain ça ira », j’ai déjà entendu ça, Demain m’a posé tellement de lapins qu’j’l’attends même pas. Mon cœur ressemble à une maison après l’incendie, Des murs encore debout, mais plus personne y vit. J’ai laissé des morceaux de moi dans chaque au revoir, Maintenant même mon reflet hésite à me regarder le soir. Même le diable veut pas de moi, Trop d’ombres dans le cœur, trop de froid dans la voix. Le paradis ferme ses portes quand il entend mes pas, Et l’enfer baisse les yeux quand il me voit. Même le diable veut pas de moi, J’suis l’erreur dans l’histoire qu’on raconte tout bas. J’ai cherché ma place partout, elle existe peut-être pas, Même le diable… même le diable veut pas de moi. J’ai appris qu’un « je t’aime » peut mourir en une nuit, Que ceux qui jurent de rester savent courir sous la pluie. Maintenant j’compte plus les départs, j’compte les cicatrices, Chez moi l’amour entre en prince et ressort en complice. J’ai perfectionné l’art de sourire quand tout s’effondre, De dire « tranquille » pendant qu’mon univers sombre. J’ai tellement porté le masque qu’il connaît mieux mon cœur, Même mes souvenirs heureux ont fini par prendre peur. Mes proches voient mon visage, mes démons voient l’envers, Ils connaissent chaque pièce de mon putain d’univers. J’ai parlé à ma solitude, elle m’a dit : « J’reste avec toi », C’est la seule qui tient parole quand tout le monde s’en va. J’ai laissé la porte ouverte à ceux qui voulaient partir, Maintenant elle ferme mal à force de les voir fuir. Même mes cauchemars parfois veulent dormir loin de moi, J’suis tellement seul que même le diable veut pas de moi. J’ai cherché Dieu dans les ruines, J’ai trouvé mes regrets. J’ai cherché l’amour dans leurs bras, J’ai trouvé des « désolé ». J’ai cherché ma place dans ce monde, On m’a dit : « Elle est pas là. » Alors j’ai frappé aux portes de l’enfer… Même le diable veut pas de moi. Même le diable veut pas de moi, Trop d’ombres dans le cœur, trop de froid dans la voix. Le paradis ferme ses portes quand il entend mes pas, Et l’enfer baisse les yeux quand il me voit. Même le diable veut pas de moi, J’suis l’erreur dans l’histoire qu’on raconte tout bas. J’ai cherché ma place partout, elle existe peut-être pas, Même le diable… même le diable veut pas de moi. J’ai plus peur des monstres, j’ai grandi parmi eux, Certains avaient des cornes, d’autres souriaient dans les yeux. Les pires démons portent rarement du rouge et des flammes. J’ai appris que les promesses ont une date de péremption, Que l’amour sans les actes, c’est juste une belle fiction. J’ai vu des « frères » devenir étrangers pour trois fois rien, Depuis j’attends plus personne, au moins j’attends pas pour rien. J’ai le cœur en hiver même au milieu du mois d’août, J’ai tellement pris de coups que j’ressens presque plus rien du tout. Chaque trahison m’a laissé un étage de moins, Aujourd’hui mon cœur est un immeuble où personne revient. On m’dit que le temps répare, le mien sait juste rouiller, Il transforme les souvenirs en fantômes mal réveillés. J’suis devenu froid pour protéger ce qui brûlait encore, J’ai voulu pardonner, mais ma mémoire oublie pas, Les blessures ferment leur bouche, les cicatrices parlent pour toi. Le ciel m’a laissé en vu, L’enfer répond même pas. J’suis coincé dans le couloir Entre « reste » et « va-t’en de là ». Les anges m’ont fermé leurs ailes, Les démons m’ont fermé leurs bras, Même mes erreurs me regardent Comme si elles avaient honte de moi. J’ai demandé une place, On m’a donné un couloir. J’ai demandé de l’amour, On m’a appris à plus y croire. Alors j’parle avec mes ombres, Elles au moins répondent parfois. C’est triste quand tes seuls fidèles Sont les fantômes derrière toi. Même le diable veut pas de moi, J’ai trop marché dans l’ombre pour reconnaître ma voie. Le paradis m’oublie, l’enfer m’ouvre même pas, Alors j’erre entre les deux comme si j’existais pas Même le diable veut pas de moi, Les anges changent de trottoir quand ils entendent ma voix. J’ai cherché ma place partout, elle existe peut-être pas, Même le diable… veut pas de moi J’ai frappé chez les anges… Silence. J’ai frappé chez les démons… Silence. J’ai frappé chez les vivants… Personne. Alors j’ai arrêté de frapper. La nuit connaît mon prénom, La solitude connaît ma voix, Mes fantômes connaissent mon histoire Mieux que ceux qui marchaient avec moi. Et quelque part entre le ciel Et les flammes qu’on m’avait promises.