À toi, Isabelle, alias YzA Y z A À l’heure où la plupart dorment paisiblement, je reste là, assise sur ma chaise, fixant l’obscurité à travers la fenêtre. Ce noir profond reflète mon état d’esprit, ce chaos intérieur qui veut hurler, pleurer, être aimé, et parfois disparaître. Je me sens vide, dépourvue de force, sauf celle de la petite fille en moi, celle qui aimait lire et écrire ses joies, ses peines, et tout ce qui lui traversait l’esprit. Mais un jour, cette petite fille m’a trahie. Elle a commis l’impardonnable en brûlant ses écrits, croyant ainsi exorciser ses démons. Quelle illusion ! Cette douleur, au lieu de disparaître, a continué de grandir. Malgré tout, une part de moi a toujours voulu recommencer. L’écriture est mon refuge, ma lutte contre la folie qui menace de m’engloutir. J’ai cherché de l’aide, mais cela ne suffit pas à me ramener à “Isabelle”. À la place, je me cache derrière ce pseudo, YzA, avec ses lettres majuscules, son style, son identité propre. Pourquoi ce nom ? Je ne sais pas, il s’est imposé à moi, comme une évidence. Les gens disent que je suis un mélange de noirceur et de vide, un poison enveloppé d’obscurité. Peut-être ont-ils raison. Je pense souvent à ma petite sœur, Agnès-Isabelle, que je n’ai jamais connue, et à mon fils Sébastien, mon ange gardien. Je pense aussi à ceux qui m’étaient chers et qui sont partis trop tôt. Je n’ai pas eu le temps de leur dire “je t’aime”, et cet amour inachevé me hante. Je rêve d’un monde meilleur, sans peur ni trahison. Mais existe-t-il seulement ? Cette question reste sans réponse. Je me hurle souvent dessus : Réveille-toi, Isabelle ! Qu’attends-tu pour être celle que tu veux réellement ? Que fais-tu pour contribuer à ce monde ? Je suis à la fois mon pire ennemi et ma meilleure alliée. Je suis la seule à pouvoir m’offrir le pardon que je me refuse. Oui, la vie est pleine de défis : la mort, la maladie, la trahison. Mais ces épreuves ne sont pas une fin, elles sont des leçons. Je dois me souvenir de qui je suis, de là où je viens, et de ce que je veux devenir. Ceux qui m’ont blessée, et ceux que j’ai blessés, ne doivent pas me définir. Il est temps d’éteindre la colère et de retrouver ce sourire que j’ai oublié dans les méandres de mes douleurs. Il est tard. Je dois lâcher prise. Demain est un nouveau jour, une nouvelle chance. Ce soir, je ferme les yeux et je rêve parmi les étoiles. Bonne nuit, Isabelle, alias YzA Y z A Demain, tu renaîtras , récupéreras ton sommeil ta joie et accueille cette joie d’être en paix avec ta nouvelle toi