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Ceux de l’intérieur

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Ceux de l’intérieur, il existait à Rome une basilique souterraine de la Porta Maggiore, fréquentée par les gens de l’intérieur, des néoplatoniciens en rupture avec l’absence de perspective de certains humains chargés de fréquenter les mystères de l’infini, de la vie dans l’après-vie. Comme les soldats, différents des autres, étant monothéistes, fréquentaient le temple de Mithra que l’on retrouve caché sous la basilique Saint-Clément, réaménagée dans un ancien tribunal de justice. Ceux de l’intérieur, restés debout à travers les siècles, comme les chevaliers cathares, le cœur rempli de compassion pour leurs semblables, défendant maison par maison, chef-lieu par chef-lieu, avant d’être précipités à leur tour dans les brasiers de la première croisade de Dominique. On les reconnaît encore aujourd’hui. Ils ont des charges et des responsabilités et portent en eux une tristesse issue d’une blessure profonde, âgée de leur petite enfance, qui agit telle qu’elle comme une mince cloison masquant des peines et des renoncements ayant traversé plusieurs millénaires. Quand Caïn tua son frère Abel par pure jalousie, quand Pierre Abélard fut châtré pour son amour pour Héloïse. Vous les croisez chaque jour dans la rue, doux, affables, polis, toujours prêts à rendre service et porteurs d’un profond chagrin, avec ce même sourire d’humilité, de ceux qui savent et en auraient trop long à dire mais n’en pensent pas moins. De ceux qui, découragés par le déclin de l’Empire, par l’usage des forces de guerre, par la surconsommation, tiennent le fort de la tendresse et du partage. Jamais on ne les entend se plaindre. Ce sont des confidents sûrs, et par phosphorescence leur cœur est rempli d’une tristesse infinie qui se mêle à l’oxygène de l’atmosphère terrestre pour créer une symphonie de bleu sous l’action des rayons solaires. Ce sont eux : ceux de l’intérieur, qui, comme le plancton marin, constituent les poumons de la Terre, eux qui supportent tout et qui soutiennent. Des pères, des mères de famille, des enfants brutalisés à l’école pour leur différence : ceux de l’intérieur. Vous ne les entendrez jamais parler de la folie du monde. Ils écoutent et absorbent. Ce sont des buvards de l’ombre, ce qui leur donne parfois des cernes autour des yeux. Les gens de l’intérieur, comme de mystérieuses sources salines qui donnent la vie. Ils partent un jour, comme chacun doit partir, et emportent avec eux la peine de tout un siècle. Les gens de l’intérieur, véritables guérisseurs de l’âme humaine. Les gens de l’intérieur, les gens de l’in, les gens de lin, les gens des gens des gens de l’in, les gens de l’intérieur ouuuuuuuuuuu ouuuuuuuuuuuu ouuuuuuuuuuuu les gens de lin, les gens de l’intérieur.