
Toi, pour qui j’ai quelque attrait, Toi, qui m’envisages en secret, As tu seulement tenté D’aller voir sous la couche De ce vernis ganté Qui protège la touche Il en fausse les traits, Embellit les portraits. Ton attirance encensée Ne connaît la sagesse. Prends garde mon ami A cette gênante hôtesse Qu’est la raison bouleversée Sa présence induit Sauf conduit pour ailleurs Un charme rendu funeste Mais toi, l’attirance, n’a pas peur. Tu ne connais foi ni lois, Ne justifie ton émoi Que de rêves qui subliment Pourtant, simple reliquat Du journal de l’intime Tu ne demandes qu’à En retrouver les rimes. Quand ton éblouissement Se fait propos brûlants, Tes sourires déployés Des outils meurtriers Te voilà convoyé Au dîner de Platon, Repoussées, balayées Tes moindres objections. Et cette impression folle D’avoir atteint le pôle Cette aiguille magnétique Qui tout à coup s’affole. C’est ce mystère emblématique Ami, dont le désir raffole. Conserve lui longtemps Cette couche de mystère, Sa grande majesté Son seul et vrai critère. Se chargera le temps D’en faiblir les lumières. N’y a t’il d’espérance sur cette terre Qu’aux instances de l’imaginaire.


