
Le téléphone a sonné, le bruit se rapproche, Je sens monter la vague, la vieille angoisse qui s'accroche. Un goût de métal et de devoir dans ma bouche, La colère est une bête que rien n'effarouche. Une armée qui assiège les murs de mon âme, Aujourd'hui, je n'éteins pas, non, j'attise cette flamme. Mais c'est l'heure. Je polis mon armure de verre, Je la rends invisible aux flèches et à la guerre. Je suis le phare qui refuse de s'éteindre, La guerrière qui n'a plus rien à craindre. Je suis le calme dans l'orage, je suis la trêve, Et c'est ma voix, pas la leur, qui s'élève. Ils sont là. Leurs mots sont un poison connu, Mais je regarde la pièce comme un vieux film muet. Leurs drames, leurs reproches, leur bruit incessant, Ne sont qu'un écho lointain, qui glisse avec le vent. Je me concentre sur la lumière qui filtre à la fenêtre, Sur la beauté du rien, la promesse de renaître. Et je reste. Protégée par mon armure de verre, Invisible à leurs flèches, sourde à leur guerre. Je suis le phare qui refuse de s'éteindre, La guerrière qui n'a plus rien à craindre. Je suis le calme dans l'orage, je suis la trêve, Et c'est ma voix, pas la leur, qui s'élève. Cette bataille, au fond, n'est pas la leur, elle est la mienne, Ce n'est pas leur respect, c'est ma paix que je ramène. Pas besoin de gagner, juste de ne pas me perdre, Garder intact mon royaume, pour ne plus jamais en dépendre. L'orage est passé. Le bruit s'est tu. Et je suis encore là. Debout. Intacte. Et le soleil se lève... dans ma tête.

