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Les Coquelicots se souviennent

V6

LES COQUELICOTS SE SOUVIENNENT [Intro] Sur la prairie verte, après la guerre, il ne restait que silence et poussière. Pourtant, chaque printemps, la terre se pare de rouge. Des coquelicots... comme de petites blessures au cœur du vent. --- [Couplet 1] Il y avait un village où le ciel ne connaissait plus la couleur du matin, des maisons brisées, des rues désertes, des fenêtres ouvertes sur le vide. La cendre recouvrait les noms, la fumée s'infiltrait dans les souvenirs, et sous cette terre lasse repose le sommeil de mille vies. Puis, lentement, l'herbe est revenue, entre les pierres un souffle est né, et dans le silence de ces ruines ont éclos des fleurs rouges. --- [Pré-refrain] On dit que le temps efface tout, mais je sais qu'il n'en est rien. Car il suffit de regarder un champ pour que tu reviennes ici. --- [Refrain] Des coquelicots sur la prairie verte, rouges comme le sang de ceux qui ne sont pas revenus, rouges comme l'ultime lueur que j'ai vue trembler dans tes yeux. Des coquelicots dans le vent, comme des lettres que personne n'a jamais envoyées, et chaque fois que je les regarde, je me souviens de toi. Je me souviens de tes derniers mots, ceux restés suspendus dans l'air, avant que tu ne fermes les yeux et que le monde, pour moi, ne devienne silence. --- [Couplet 2] Je t'ai trouvé parmi les décombres, la terre collée contre toi, le visage marqué par la nuit, les blessures ouvertes sur ton corps. Tu avais encore le ciel dans les yeux, même si le ciel était désormais lointain, et je serrais ta main comme on serre un dernier espoir. Tu m'as parlé doucement, presque pour ne pas réveiller la peur, puis tu as prononcé mon nom d'une voix devenue mémoire. Et maintenant, ce nom, le vent le murmure parmi les coquelicots. --- [Pré-refrain] La guerre n'a laissé que des cendres, mais la terre n'a pas oublié. Là où mouraient nos rêves, une fleur est née un jour. --- [Refrain] Des coquelicots sur la prairie verte, rouges comme le sang de ceux qui ne sont pas revenus, rouges comme l'ultime lueur que j'ai vue trembler dans tes yeux. Des coquelicots dans le vent, telles des prières sur une terre blessée, et chaque fois que je les regarde, j'entends encore ta voix. Je me souviens de tes derniers mots, avant que l'obscurité ne t'emporte, et depuis ce jour, chaque printemps porte ton visage au fond de mon cœur. --- [Pont] Peut-être que la terre sait quelque chose que nous ignorons : que même de la douleur peut naître la vie, qu'après le feu, l'herbe repousse, qu'après les larmes, la lumière revient. Et peut-être que ces coquelicots sont des âmes qui ne veulent pas être oubliées. C'est pourquoi je les laisse danser, c'est pourquoi je ne les brise pas, car dans chaque pétale rouge se trouve un dernier adieu. Le tien. --- [Refrain final] Des coquelicots sur la prairie verte, à présent le soleil traverse les ruines, et là où il n'y avait jadis que cendres et mort, la terre se remet à respirer. Des coquelicots dans le vent, comme des milliers de cœurs encore vivants, et chaque fois que j'en vois un, je te sens tout près. Tu es dans l'herbe qui renaît, dans le ciel après la tempête, dans le rouge qui embrase cette terre et ne veut plus mourir. Et je continuerai à regarder les coquelicots, année après année, tant que j'aurai des yeux pour me souvenir de toi. Car la guerre peut emporter un corps, peut détruire une maison, peut éteindre une voix... mais elle ne peut pas tuer un souvenir. --- [Outro] Sur la pelouse verte, des coquelicots continuent de naître. Je m'arrête en silence. Et parmi toutes ces fleurs rouges, je te cherche encore.