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JE ME FAIS L’ENFER#

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Je compte les battements qui cognent trop fort dans le vide. Je plonge, les poings serrés, dans un verre d’eau invisible. Les murs respirent, mon nom rebondit — fragile. Je baisse la tête, j’entends l’orage au fond de ma bile. Je me fais l’enfer — sans flamme, sans couleur, un brasier qui siffle en silence. Je me fais l’enfer — personne n’a peur, je brûle en cadence, en cadence. Je me fais l’enfer — la braise du cœur, un requiem que personne ne danse. Je me fais l’enfer — encore, encore, je brûle en cadence… en silence. Je fuis la lumière, trop de reflets plantés dans ma peau. Je crie sans ouvrir la bouche, j’avale l’écho de mes mots. Les idées tournent, rondes et coupantes — scalpels. J’encaisse des mues sans naissance, des ailes mortes dans le ciel. « Si je dérive, dis-moi… qui tient la barre ? » Je me fais l’enfer — les larmes au compteur, je noie mes flammes sous la pluie. Je me fais l’enfer — minute après heure, mon cœur fait du bruit, du bruit. Je me fais l’enfer — je change la couleur, mais jamais le fond du décor. Je me fais l’enfer — encore, encore, et je brûle plus fort… plus fort.** « Je voudrais sortir, juste pour respirer vos silences, mais ma cage thoracique n’a pas le code de la porte. » Je tends les bras, mais c’est mon ombre qui répond. Je cherche un lieu où même l’absence aurait un nom. Je crains le calme plus que le feu des hurlements. Je prie sans voix, et ça résonne… lentement. Je cherche une sortie dans la pluie qui tourne en carré. Je cache l’incendie sous la neige de mes pensées. Le ciel se penche, miroir fêlé — docile. Je trace une cicatrice qui n’ose plus se refermer. Je me fais l’enfer — sans flamme, sans couleur, mais j’entends vos voix sous la cendre. Je me fais l’enfer — et s’il reste du cœur, venez battre ensemble, ensemble. Je me fais l’enfer — un pas, puis une heure, à survivre au bord de mes chambres. Je me fais l’enfer — mais s’il reste une lueur, venez battre ensemble… ensemble.