
Séridione II : Les Deux Miroirs
**[Introduction parlée]** On raconte qu'au-delà des cités mécaniques d'Altéris… là où les rails disparaissent dans les montagnes mortes… une exploratrice poursuivait un mythe interdit. Cette femme venait des terres de brume et de vapeur. Des villes suspendues aux machines anciennes. Des endroits où les horloges gouvernaient les hommes plus sûrement que les rois. Mais depuis toujours… quelque chose l'appelait sous les montagnes interdites. Un rêve récurrent. Deux miroirs. Deux reflets d'elle-même. Alors elle traversa les déserts de rouille, les tunnels oubliés, les cathédrales de fer… les ports engloutis par la fumée. Et cette nuit-là… elle ouvrit la porte. ... On l'appelait… Séridione. **[Couplet 1]** Bottes de cuir sur les dalles froides, Compas rouillé pendu contre ses hanches, Sous son manteau de fumée et de toile, Elle lisait les cicatrices des planches. Des rouages dorment dans les colonnes noires, La vapeur danse comme un fantôme ancien, Ses lunettes d'ambre captent les mémoires Gravées dans le fer des siècles de désespoir. Les vieux royaumes parlaient d'une salle Cachée derrière les montagnes de fer, Deux miroirs forgés hors des étoiles, Deux portes ouvertes sur l'envers. **[Pré-refrain]** Et dans le noir… Une voix murmure : **[Chuchoté]** *"Choisis…"* **[Refrain 1]** Deux miroirs dans la nuit, Deux vérités interdites, L'un promet un empire, L'autre une lumière infinie. Mais derrière leurs reflets Dorment des chaînes invisibles… Et Séridione avance attirée Dans le sanctuaire indicible. **[Couplet 2 – miroir sombre]** Elle posa sa main contre le miroir d'ombre, Puis passa lentement la tête à travers. Le temps sembla figé Le froid lui mordit la chair Un royaume brûlait sous un ciel charbon, Des armées pliaient devant son regard, Une couronne noire dormait sur son front, Comme une étoile tombée trop tard. Et dans cette vision terrible… Elle ne ressentait plus rien. Ni peur. Ni besoin. Ni faiblesse perceptible. Une autre elle-même s'approcha alors, Armure d'obsidienne et yeux de braise : *"Reste ici... Car tu ne tomberas plus jamais."* Le miroir agrippa son corps tout entier, Séridione arracha son visage du reflet Dans un cri de verre et d’acier **[Pré-refrain]** Puis dans la lumière… Une autre voix murmure : *"Viens…"* **[Refrain 2]** Deux miroirs dans la nuit, Deux vérités interdites, L'un promet le pouvoir, L'autre un monde d'espoir. Mais derrière leurs reflets Dorment des prisons invisibles… Et Séridione dérive Dans ce choix impossible. **[Couplet 3 – miroir lumineux]** Le miroir d'or brillait comme l'aube, Chaud comme un feu après l'hiver, Quand elle y passa lentement le visage… Le monde devint lumière. Des enfants riaient dans ses bras, Les blessures se fermaient sous ses doigts, Les peuples relevaient enfin la tête, Et l'amour renaissait partout où elle allait. Et cette fois… Elle était radieuse. Profondément heureuse. Comme si chaque cœur sauvé Révélait en elle toute sa beauté Le reflet lumineux lui sourit doucement : *"Tu pourrais devenir leur refuge… Leur paix… Leur lumière éternelle..."* Mais lorsque les foules disparaissaient... Séridione restait prisonnière. ....Toujours... Des milliers de regards cherchaient sa lumière... Sans jamais franchir la frontière. Aimée de tous... Sans appartenir à personne. **[Pont – montée orchestrale]** Alors elle recula. Un pas. Puis un autre. Les deux miroirs tremblèrent aussitôt. *"NON !!! …"* gronda l'ombre. *"Pourquoi refuses-tu ?"* souffla la lumière. ... Séridione leva les yeux... Et pour la première fois… elle vit des silhouettes enfermées derrière son reflet. ... Des rois que le pouvoir avait consumés, Des âmes épuisées d'avoir voulu tout sauver. Des milliers d'êtres piégés… Emprisonnés par leurs propres excès Alors elle hurla : *"JE NE SERAI NI VOTRE MONSTRE…* *…NI VOTRE SAINTE !"* **[Parlé]** Les reflets reculèrent. **[Drop instrumental]** **[Refrain final – explosif]** Deux miroirs dans la nuit, Deux empires maudits, L'un dévore les cœurs, L'autre consume les vies. Mais Séridione brise enfin Leurs mensonges perfides, Et libère dans les éclats Les âmes captives. **[Outro – parlé doux, aérien]** Les miroirs tombèrent en poussière Des milliers de lumières s'élevèrent dans la salle Comme des étoiles retrouvant le ciel. Et au milieu des débris… L' exploratrice remit lentement ses lunettes de cuivre… …avant de reprendre sa route.

