Tu ne vois pas la grandeur qui s'articule , D'une ficelle cachée au bout de leurs têtes , Tous les matins les beaux pantins gesticulent, On leur chante la rengaine des troubles fêtes. Mon camarade ne plie pas le genou, Mon camarade prie pour les hommes que l'on brise, Il faut planter le silence au Garde à vous, Car par ici l'audace n'est pas de mise . Ils se nourrissent des fleurs du mal, A la mémoire de Baudelaire Se soudoient au règne animal, De ceux qui pompe l'air, L'ardeur demeure cet emblème, De tous les fous de notre terre, Et pour vous pantins bohèmes, Je fais appel à nos ancêtres. Tu ne vois pas les précieuses si ridicules, De leurs perchoirs piaffer le spleen des pantins, Tous les matins moins tu avances plus tu recules, On nous pilote la pauvreté du chagrin. Mon camarade ne connaît pas la tristesse, Mon camarade se couche à la belle étoile, Il faut prôner la douceur de notre ivresse , Car par ici la liberté met les voiles. Ils se nourrissent des fleurs du mal, A la mémoire de Baudelaire Se soudoient au règne animal, De ceux qui pompe l'air, L'ardeur demeure cet emblème, De tous les fous de notre terre, Et pour vous pantins bohèmes, Je fais appel à nos ancêtres. Tu ne sens pas la faveur de leurs tirades, Gravées au sol à l’encre terne de nos yeux, Chaque matin ça t’embaume de pommade, Et tu danses au théâtre des belliqueux. Mon camarade ne boit jamais la ciguë, Mon camarade s’esclaffe sous la bannière, Il faut chanter la misère des coins de rue, Car ici on préfère les cimetières. Ils se nourrissent des fleurs du mal, A la mémoire de Baudelaire Se soudoient au règne animal, De ceux qui pompe l'air, L'ardeur demeure cet emblème, De tous les fous de notre terre, Et pour vous pantins bohèmes, Je fais appel à nos ancêtres. Tu ne sens plus dans l’onde de l’humanité, Pousser les ailes des angelots au tapis, On se dit que les étoiles vont pleurer, Car par ici on manipule le déni. Regarde bien les pantins qu’on articule, Et qui dansent comme guignol mon compagnon, Mon camarade regarde les funambules, Mon camarade fait culture des opinions. Ils se nourrissent des fleurs du mal, A la mémoire de Baudelaire Se soudoient au règne animal, De ceux qui pompe l'air, L'ardeur demeure cet emblème, De tous les fous de notre terre, Et pour vous pantins bohèmes, Je fais appel à nos ancêtres.