
INTRO — BASSE LOURDE / GUITARE SKA] T’as raconté toute ta vie, du premier chapitre au dernier. Ton enfance, tes blessures, tout ce que t’as traversé. Mais y a un truc qui m’a frappé quand j’ai regardé tes pages : les trois quarts de ton bouquin, c’est moi. Moi, ma fille, notre histoire, et tout ce que tu racontes sur moi. Alors forcément… J’vais répondre. ⸻ [COUPLET 1 — RAGGA / CLASH] T’as écrit ta vie entière, mais mon nom revient partout, Comme si ton propre roman avait besoin de moi jusqu’au bout. Trois quarts de tes pages, c’est mes défauts, mes prétendus travers, Moi présenté comme un malade, comme le problème dans toute l’affaire. Tu racontes que j’étais mauvais avec ma fille, Que j’étais celui qu’il fallait éloigner, Que tout ce qui s’est passé contre moi était forcément justifié. Tu prends chaque accusation, tu la poses comme une vérité, Et quand moi je réponds : « Non, je conteste », tu voudrais que ça ressemble à un aveu. Mais non. Répondre à une accusation, c’est pas l’accepter. ⸻ [PRÉ-REFRAIN] Tu voulais écrire toute ma vie avec ton stylo à toi. Mais désolé… J’étais là aussi. ⸻ [REFRAIN — CUIVRES / SKA] Ton livre, c’est ta version ! Moi, j’ai la mienne ! Tu peux remplir les pages, tu peux noircir l’encre. Trois quarts sur moi ! Et tu veux qu’on te croie ! Mais tu peux pas transformer tes accusations en vérité. Ton livre, c’est ton histoire ! Pas toute la mémoire ! Notre fille a cinq ans, elle ne choisit pas son camp. Et quand elle sera grande… Elle posera ses questions. ⸻ [COUPLET 2 — FLOW PLUS RAPIDE] Tu racontes toute ta vie, mais quand arrive notre histoire, Comme par hasard, certains passages changent de mémoire. Tu racontes ce qui te sert, tu laisses le reste dans l’ombre, Puis tu voudrais que ton récit soit la seule lumière au monde. Et y a ce passage sur ton frère, cet épisode grave de ton passé, que tu ne présentes pas dans ton livre comme tu présentes le reste de ta vie. Pourquoi ce silence ? Pourquoi certaines choses méritent des pages entières, Et d’autres disparaissent quand elles pourraient changer la manière dont on regarde ton histoire ? Et derrière ça, tu racontes notre rencontre avec une version où c’est moi qui aurais voulu te faire du mal. Moi, je conteste complètement cette version. Alors oui, je réponds. Parce que tu peux raconter ton vécu, mais tu peux pas prendre mon nom et écrire ma réalité à ma place. ⸻ [BREAK — CUIVRES] ELLE : « C’est ma vie ! » LUI : Oui. Mais quand tu parles de moi, c’est aussi mon histoire. ELLE : « C’est ma vérité ! » LUI : C’est ta version. BAM ! ⸻ [COUPLET 3 — RAGGA / CLASH] Pendant que ton livre raconte que j’étais le mauvais père, Moi j’ai dû répondre à chaque accusation derrière. Tu disais : « Il peut pas. » Moi : « Vérifiez. » Tu disais : « Il fait ça. » Moi : « Vérifiez. » Parce que quand il s’agit de ma fille, j’ai rien à cacher. J’ai ouvert ma porte, j’ai accepté qu’on regarde, qu’on contrôle, qu’on vérifie. Et pendant que les adultes se renvoyaient leurs versions, Elle, elle avait cinq ans et demandait simplement : « Quand est-ce que je vois papa ? » Ça, tu peux l’écrire dans ton livre ou pas. Mais ça, c’est notre réalité. ⸻ [REFRAIN] Ton livre, c’est ta version ! Moi, j’ai la mienne ! Tu peux remplir les pages, tu peux noircir l’encre. Trois quarts sur moi ! Et tu veux qu’on te croie ! Mais tu peux pas transformer tes accusations en vérité. Ton livre, c’est ton histoire ! Pas toute la mémoire ! Notre fille a cinq ans, elle ne choisit pas son camp. Et quand elle sera grande… Elle posera ses questions. ⸻ [COUPLET 4 — PLUS LOURD] Tu voulais peut-être que ton livre soit le dernier mot. Que tout le monde le lise et me regarde comme un monstre. Mais j’ai pas besoin de répondre avec les mêmes armes. J’ai pas besoin d’inventer des choses sur toi. Je vais simplement dire : « Voilà ce que je conteste. Voilà ce que j’ai vécu. Voilà ce qui a été vérifié. Voilà ce que je ne reconnais pas. » Parce qu’un roman peut être puissant. Une histoire peut émouvoir. Mais l’émotion ne décide pas de ce qui s’est réellement passé. Et l’encre ne fait pas la preuve. ⸻ [PONT — VOIX DE LA PETITE] J’ai cinq ans. Moi je veux papa. Moi je veux maman. Je veux pas savoir qui a gagné. Je veux juste grandir. Alors quand je serai grande… Laissez-moi lire. Laissez-moi écouter. Laissez-moi poser mes questions. Et laissez-moi décider moi-même. ⸻ [COUPLET FINAL — PÈRE] Alors garde ton livre. Garde tes pages. Garde ton portrait de moi. Mais retiens bien une chose : Tu peux écrire ce que tu penses de moi. Tu ne peux pas décider qui je suis. Et surtout… Tu peux raconter notre histoire aujourd’hui. Mais tu ne raconteras pas ce que notre fille pensera demain. Parce qu’elle grandira. Elle entendra ta version. Elle entendra la mienne. Elle regardera les faits. Elle regardera les dates. Elle posera ses questions. Et personne ne pourra répondre à sa place. ⸻ [DERNIER REFRAIN — E

