
Sur mon échiquier de l’instruction,
Sur mon échiquier de l’instruction, mes pions poussent, pressent, piétinent, par pulsions, petits pas qui s’impriment, comme des pavés posés en procession. Sur mon échiquier de la moralité, les tours tonnent, traquent, terrassent, elles tissent des murs qui s’entassent, tremblement rude, tombe de dualité. Sur mon échiquier de la curiosité, les cavaliers cognent, coupent, caracolent, ils claquent les pierres, craquent les cités, comme tambours qui grondent et s’affolent. Sur mon échiquier de la fantasmagorie les fous sifflent, scintillent, s’élancent, ils secouent mes songes en silence, scène sonore, sarcasme en symphonie. Sur mon échiquier de l’ âme la Dame danse, douce, diaphane elle dissipe mes doutes profanes et rallume l’étoile infâme. Sur mon échiquier de la vie le Roi roule, rocher de splendeur il retient mes peurs, mes rancœurs, et repose au seuil de l’envie. Grâce à mon échiquier le blanc et le noir sont étudiés les coups se suivent, anticipés l’échec et mat, un chant admiré.

