
[Intro] Le ciel a perdu son dernier oiseau. Les heures saignent sans couleur. Quelque chose ferme les yeux au fond de mon souffle. [Couplet 1] Les jardins ne portent plus de parfum, ils gardent seulement la mémoire des pétales. Chaque pas abandonne un peu de mon nom dans une poussière qui ne revient jamais. Je serre contre moi des saisons devenues cendres. Même le vent détourne son visage, comme s'il craignait ma fatigue. Les prières tombent sans atteindre la moindre étoile. Le silence apprend à parler mieux que moi. [Pré-Refrain] Si l'aube hésite encore, qu'elle ne se presse pas. Je n'ai plus rien à lui demander. [Refrain] Tiens bon encore un peu... avant que mon souffle se dissolve. Tiens bon encore un peu... avant que mon ombre s'oublie. Quand les battements deviendront poussière, quand le ciel fermera ses paupières, tiens bon encore un peu... encore un peu. [Couplet 2] Chaque souvenir perd son visage, comme une lettre jetée dans l'hiver. Les jours se consument sans laisser même leur chaleur. Je porte une couronne de feuilles mortes tressée par des automnes sans retour. Mon cœur ressemble à une chambre que personne n'ouvrira. Les larmes ne savent plus tomber. Elles demeurent immobiles, plus lourdes que les siècles, plus froides que l'oubli. [Pont] J'entends les fleurs plier sous un jardin invisible. Même les roses acceptent un soir de devenir poussière. Peut-être que l'éternité n'est qu'une chambre sans écho, où les regrets déposent enfin leur manteau déchiré. [Dernier Refrain] Tiens bon encore un peu... la nuit m'appelle sans colère. Tiens bon encore un peu... je disparais déjà dans son souffle. Si mon nom quitte la lumière, qu'il s'efface comme une larme dans la mer. Tiens bon encore un peu... laisse-moi tomber en silence. [Outro] Les dernières étoiles referment leur blessure. Le monde oublie doucement le poids de mon passage. Et le silence... me reconnaît enfin.

