
La Dame de Fer (Lettre à ma Sœur de Pise)
[Couplet 1] Je te réponds de loin, sous mon manteau de suie, Moi, la carcasse d'acier que le monde poursuit. Tu es de marbre pur, moi je suis de métal, Prisonnière d'un plan, d'un dessin vertical. Neuf cents ans de prières reposent sur ton flanc, Moi, je n'ai que cent ans, mais mon regard est franc. [Couplet 2] Ils m’appellent « Miracle », ils m’appellent « Horreur », Les bipèdes s’agitent, cherchant leur propre peur. Ils grimpent sur mes hanches, ils usent mes rivets,Ils grimpent sur mes hanches, ils usent mes rivets, Pour un selfie d’un soir, pour un plaisir éphémère. Ils me pressent le cœur, ils me volent mon temps, Mais je reste debout, défiant tous les vents. [Refrain] Je suis la Dame de Fer, la reine des poussières, Cachée sous la fumée, loin des mers de lumière. Je regarde vers toi, vers ton inclinaison, Nous sommes deux vigies au bout de l'horizon. On transforme leur bruit en un silence d'or, Plus ils veulent nous rompre, et plus on brille fort. [Couplet 3] Les ombres de la Seine m'apportent tes échos, De tes fous du vertige, de tes sombres héros. Ici aussi, ma sœur, ils cherchent le grand saut, Croyant que mon sommet guérira leurs maux. Mais l’Arno ou la Seine, c’est le même tombeau, Ils gâchent la lumière pour un dernier rideau. [Pont] Qu'ils gardent leurs revolvers, leurs cordes et leurs cris, Qu'ils laissent en paix le fer et le marbre fleuri. Nous ne sommes pas des tombes, nous sommes des sommets, Faits de sang и de rêve, pour durer à jamais. [Final] Le XXIe siècle s’éteindra dans la nuit, Mais nous resterons là, au-delà du bruit. Car si le ciel est haut, si le monde est de feu, C’est que l’Homme a bâti... ce qui ressemble à Dieu.

