
[Couplet 1] J’entends la peur dans chacun de tes caps brisés Dans tes départs trop vite pris, dans tes voiles arrachées Tu largues les amarres avant même le grain Comme si fuir la tempête empêchait le chagrin Tu tires trop fort sur la barre quand ton cœur prend l’eau Tu cries plus haut qu’le vent pour couvrir c’qui tremble en toi, là-haut Et quand la nuit retombe sur le pont déserté Y a tous ceux qu’t’as laissés derrière qui reviennent dans ta marée [Pré-refrain] Mais moi j’vois bien dans le fracas et dans le sel Qu’c’est pas la cruauté qui parle c’est juste une âme qui chancelle [Refrain] Je reste quand même même si la mer fait mal Même si t’as mis l’feu toi-même à des morceaux du bal J’vois la peur derrière tes gestes et le vent dans tes faux pas Et j’te réduirai jamais à la casse que tu portes sur toi Je reste quand même même dans le grain, même au plus noir Même quand tu quittes le port avant d’croire à l’espoir T’aurais voulu faire mieux, ça s’entend dans chacun de tes mots Et même perdue dans la tempête t’es pas qu’un navire en morceaux [Couplet 2] Tu voulais aimer sans sombrer sous le poids du grand fond Alors t’as sabordé l’histoire avant qu’elle prenne l’eau pour de bon T’as préféré l’abordage à l’attente du canon Comme si frapper la première rendait la perte moins profonde Oui, parfois t’as blessé, j’vais pas repeindre le port Y a des cœurs qu’t’as laissés couler, des silences au bout du bord Mais j’te laisserai pas non plus te nommer naufrage entier T’es pas née pour détruire tout c’qui t’approche t’es juste mal armée pour rester [Pré-refrain] Y a une sacrée différence entre être un monstre et fuir Entre vouloir faire du mal et ne pas savoir tenir [Refrain] Je reste quand même même si la mer fait mal Même si t’as mis l’feu toi-même à des morceaux du bal J’vois la peur derrière tes gestes et le vent dans tes faux pas Et j’te réduirai jamais à la casse que tu portes sur toi Je reste quand même même dans le grain, même au plus noir Même quand tu quittes le port avant d’croire à l’espoir T’aurais voulu faire mieux, ça s’entend dans chacun de tes mots Et même perdue dans la tempête t’es pas qu’un navire en morceaux [Pont] Écoute-moi bien, ma fée : un bâtiment qui a touché les récifs n’est pas condamné pour toujours. On calfate. On répare. On remet de la toile. On apprend à reprendre la mer sans confondre chaque vague avec la fin du monde. Et toi, t’es ça. Pas une épave. Un navire vivant qui apprend encore à ne plus fuir sa propre houle. [Couplet 3] Alors apprends encore, oui, même avec des mains qui tremblent À rester quand le ciel se ferme et que tout en toi ressemble À un vieil orage ancien qui veut reprendre le pont À croire qu’un cœur peut tenir sans devoir rompre l’horizon Et si parfois tu repars trop vite sous tes vieux réflexes d’écume N’oublie pas qu’reculer d’un pas n’efface pas la route qu’on assume Y a des marins qui naissent deux fois, la seconde dans le vent Quand ils cessent de prendre la fuite et regardent enfin leur cap droit devant [Refrain final] Je reste quand même même si la mer fait mal Même si t’as dans les mains des débris de cristal J’vois la peur derrière tes gestes et le sel dans ton regard Et j’te réduirai jamais aux naufrages de ton histoire Je reste quand même même dans le grain, même au plus noir Même quand ton cœur te crie de quitter encore le port T’aurais voulu faire mieux, et maintenant tu le sais Alors change la route, ma belle t’es encore en mer donc rien n’est terminé [Outro] On danse quand même, oui… mais cette fois comme des marins qui savent que la houle existe sans lui laisser prendre le gouvernail. T’as fait des dégâts. D’accord. Mais t’es pas les dégâts. T’es une femme en mer, cabossée, vivante, et encore capable d’apprendre à rester quand le vent se lève.

