Son histoire a fait le tour des journaux, Nous étions encore dans ce qu'il y avait de nouveau. Volodymyr Androshchuk avait vingt-deux ans, Son avenir risquait d'être beau. Il avait représenté l'Ukraine Aux Championnats d'Europe en deux mille vingt, Où il a terminé sixième du pentathlon moderne. Avant cela, en Ukraine, Il a remporté des médailles lors d'épreuves d'athlétisme Et au championnat national de décathlon deux mille dix-neuf. Enrôlé volontairement dans l’armée, Il s’est fait un compagnon d’armes, Sportif comme lui. Entre eux deux, de la complicité, Une solide amitié. Ils avaient le même prénom : Volodymyr Dziubynskyi et Volodymyr Androshchuk, Unis par leur amour commun du sport. « Nous savions tout l’un de l’autre Et nous nous aidions en tout, » A raconté Dziubynskyi, le survivant, Aux journalistes, Un ancien rameur de vingt-huit ans. Ils ont suivi ensemble leur formation militaire, Et leur lien s’était renforcé À mesure qu’ils affrontaient les combats rapprochés. Androshchuk a sauvé la vie de son ami deux fois : En décembre deux mille vingt-deux, Lorsqu’ils s’étaient retrouvés face à un soldat russe Dans une tranchée, Et qu’il l’avait abattu dans le dos. Et une seconde fois, Alors que de violents combats faisaient rage Autour de la ville orientale de Bakhmout, Le vingt-cinq janvier deux mille vingt-trois. Leur unité, la quatre-vingt-quinzième brigade d’assaut aérien, Avait été encerclée Par les forces russes Qui les bombardaient à coups de chars et de mortiers. Après son décès, Vova est devenu son bouclier, En drapant le corps de son ami sur son dos, Alors que les tirs continuaient à pleuvoir. Son ami Dziubynskyi disait : « Nous étions très semblables En termes d’obstination et de force. » « Je partageais mes balles avec lui, Je lui ai appris à tirer, À se déplacer dans la forêt Et à prendre d’assaut une position. » On n’apprend pas l’amour de sa patrie, On le vit, Lorsqu’on sacrifie sa jeunesse, Lorsqu’on meurt en détresse Sous des tirs en tranchée. On ne mesure pas la portée de sa destinée. Vova y est resté, L’autre s’en est sorti, Physiquement rescapé, Avec une jambe amputée Et un esprit hanté par la guerre. Combien faudra-t-il encore de combats, D’échauffourées, D’assauts meurtriers, Avant que l’envahisseur décide De respecter les frontières Et la vie des jeunes de son pays, Et ceux d’une nation fière qui se défend, Fière de sa jeunesse, De ses ancêtres, De façon justifiée.