[Couplet 1] On dit qu’un nécromancien a troublé la poussière, Que les morts ont marché sous la peau de la terre. Dans les ruines d’une vieille ménagerie, Les chaînes ont parlé sans bruit. Ils disent qu’elle était là… Zara dans l’ombre froide, Le regard vidé dans une chair devenue roide. Pis le porc couvert d’or, mon vieux maître pourri, Respirait encore comme si rien était fini. J’avais laissé ces noms mourir dans le sable, Des tombes sans croix dans un passé instable. Toute ma vie j’ai marché loin d’leur voix… Pis leurs os se sont levés… pendant qu’j’étais pas là. [Pré-refrain] J’avais fait la paix avec la poussière, Avec les morts qu’on ne revoit jamais sur terre. Mais le monde a rouvert leurs tombes devant moi… Pis j’étais même pas là. [Refrain] Le passé s’est levé dans une chair qui ment, Pas ma mère… juste un corps qui bouge encore. Pas le maître… juste un rire sans voix. Pis même ça… j’étais pas là. J’aurais pas cherché leurs yeux dans la nuit, Mais le destin les a tirés hors d’l’oubli. Une dernière fois, l’histoire ouvrait les bras… Pis j’étais pas là. [Couplet 2] Toute ma vie j’ai couru vers autre chose, Des royaumes nouveaux, des batailles grandioses. Je croyais les chaînes rouillées pour toujours, Que la poussière avait gagné ce jour. Zara vivait seulement dans ma mémoire, Un souffle chaud dans un coin de l’histoire. Pis le marchand d’or n’était plus qu’un cadavre Que la justice avait laissé dans le sable. Mais quelqu’un a tiré les ficelles des morts, Comme un spectacle cruel dans le décor. Les os ont parlé, les tombes ont crié… Pis moi j’étais loin… quand ils ont marché. [Pré-refrain] J’avais laissé ces ombres derrière moi, Comme un enfant qui ferme enfin la voie. Mais même les morts se lèvent parfois… Sans toi. [Refrain] Le passé s’est levé dans une chair qui ment, Pas ma mère… juste un corps qui bouge encore. Pas le maître… juste un rire sans voix. Pis même ça… j’étais pas là. J’aurais pas cherché leurs yeux dans la nuit, Mais le destin les a tirés hors d’l’oubli. Une dernière fois, l’histoire ouvrait les bras… Pis j’étais pas là. [Pont – parlé, rauque] On dit que les morts restent morts. Mais parfois… le monde est assez cruel pour les ramener juste assez longtemps pour rouvrir une plaie. Et moi… j’ai même pas eu droit à ça. [Message à Zara] Zara… je sais que c’était pas toi. Je sais que ma mère est morte dans le sable depuis longtemps. Mais si quelque part ton esprit marche encore dans le vent… j’aimerais que tu saches quelque chose. Le p’tit chat qui tremblait dans la paille… il a survécu. Les chaînes ont pas gagné. La cage non plus. J’ai marché loin du désert, j’ai porté ton courage dans chaque bataille, pis le fauve que t’as protégé cette nuit-là… il est encore debout. Et si ton regard peut encore tomber sur moi quelque part… j’espère juste que tu serais fière. [Dernier refrain – brisé] Le passé s’est levé dans une chair qui ment, Pas ma mère… juste un corps qui bouge encore. Pas le maître… juste un fantôme sans voix… Pis même ça… j’étais pas là. Zara… si ton ombre marche encore quelque part, Sache que ton fauve porte toujours ton regard. Même si la nuit a fermé cette place… Je marche encore. [Outro – murmuré] Les chaînes rouillent. Les tombes parlent parfois. Mais moi… je suis encore vivant…