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George Sand - Sous la lampe de Nohant

[Couplet 1 — L’amante et la plume] Dans les vallons dorés du Berry, elle pensait en silence, sans bruit. Sous un nom d’homme, pour être entendue, elle signait la vie qu’on lui refusait nue. Elle aimait Musset, l’insoumis, de ces amours qui font saigner l’esprit. Delacroix l’a peinte, le cœur en larmes, belle et blessée, l’âme en vacarme. Sous ses doigts, la douleur devient lumière, la plume un rempart contre la poussière. Écrire, pour ne pas mourir tout à fait, et renaître, à chaque feuillet. [Refrain] Sous la lampe de Nohant, la nuit respire, la campagne écoute, les âmes s’inspirent. Et dans le craquement du bois, on entend la voix d’Aurore, tout bas. [Couplet 2 — Le piano et la pluie] Chopin au piano, la pluie aux vitres, les chats s’étirent, la flamme palpite. La plume danse, le feu crépite, la nuit s’installe, tendre et subite. Dans le salon, le temps s’étire, l’amour se tait pour mieux s’écrire. Entre deux notes, un mot s’enfuit : la liberté s’apprend ici. [Refrain] Sous la lampe de Nohant, la nuit respire, la campagne écoute, les âmes s’inspirent. Et dans le craquement du bois, on entend la voix d’Aurore, tout bas. [Couplet 3 — La petite Fadette] Dans le pré court la petite Fadette, feu follet, au front têtu, au cœur en fête. Moquée, sauvageonne, mais droite et vraie, elle garde l’amour sans jamais le taire. Dignité dans la marginalité, lumière dans le regard qu’on croit étranger. Et quand Landry lui tend la main, le bonheur revient au matin. [Pont] Les soirs de Berry ont ce goût d’éternel, de terre humide et de ciel de miel. Et quand le vent passe sur les pierres, on croirait entendre Aurore, fière, murmurer : « Écris, petite, écris encore, que le monde s’élargisse dehors. » [Coda] Aux amants, aux fous, aux matous et aux poètes, aux nuits d’encre, aux aurores discrètes, à cette femme qui osa tout dire : vivre, c’est écrire sans se retenir. Sous la lampe de Nohant, tout s’apaise, le feu retombe, le silence caresse. Et dans le ronron d’un vieux chat gris, Georges sourit : « J’ai tout compris. »