
Dans la froide galaxie montbetonaise, Je dérive seul, perdu dans mon malaise. Le vaisseau‑troquet vient de se désintégrer, Sous un rayon jaune il est parti en fumée. Le maître du troquet vacille dans l’espace, Son empire alcoolique implose sans panache. Je trouve un météore, mon refuge sidéral, Où mon cœur cabossé cherche un souffle vital. Une pluie de trous noirs m’encerclent dans la nuit, Mes éclairs de douleur se succèdent à l’ennui. Ils enferment mon cœur dans un vide cosmique, Dis, quand arriveront mes quatre fantastiques. La planète Vénus a exposé ma peine, Suis seul et sans abri, il faut qu’on me soutienne. Je m’éteins à petit feu, mon courage en panique, Dis, quand arriveront mes quatre fantastiques. Une belle comète surgit, prêtresse lumineuse, Sa queue est bien dorée comme une onde heureuse. Très vite on se rejoint pour unir nos errances, Elle capte le message et reste en silence. Une planète descend, guerrière en vigilance, « C’est quoi ce bordel‑là ? » gronde sa voix immense. Les sœurs étoiles arrivent, deux soleils en fusion, Leurs phares découpent l’air comme une apparition. Quatre forces d’espoir surgissent dans ma nuit, Quatre éclairs de douceur qui repoussent l’ennui. Elles égayent mon cœur, mais mon vide est cosmique, Elles ne sont pas encore mes quatre fantastiques. Quatre lunes descendent pour éclairer ma peine, Des bras qui me relèvent, des voix qui me soutiennent. Elles ravivent mes feux, mais mon courage panique, Elles ne sont pas encore mes quatre fantastiques. Elles veulent me lever, moi je reste en apnée, Cloué sur mon vieux banc comme un astre blessé. Mais leurs bras se déploient, quatre forces jumelles, Et mes larmes jaillissent en éclats d’étincelles. Un soleil m’ouvre ses bras, armure de velours, « Vas‑y, faut que ça sorte », murmure son secours. Puis la comète, la planète, un soleil encore, Quatre battements de vie réparent tout mon corps. Dans leurs étreintes, un flux traverse mes failles, Une lumière étrange envahit mes entrailles. Je sèche bien mes pleurs, mon regard s’y rallume, Et leurs visages brillent comme un quatuor de lunes. Quatre big‑bangs d’amour m’enlacent dans ma nuit, Des supernovas de douceur qui redonnent l’envie. Elles raniment mon cœur, ma mutation est magique, Elles sont bien là ce soir, mes quatre fantastiques. Quatre déesses descendent pour éclairer ma peine, Leurs bras qui m’entourent, leurs voix qui me soutiennent. Elles ravivent mes feux, mon courage devient tonique, Elles sont bien là ce soir, mes quatre fantastiques. Le banc devient vaisseau, mon chagrin carburant, Le bar fermé s’efface comme un mirage tremblant. Le joint ouvre un tunnel vers des mondes secrets, Où mes doutes fondus deviennent des feux discrets. Elles, quatre silhouettes, quatre éclairs dans ma nuit, Recousent mes morceaux que la rupture a détruits. Je sens sous ma poitrine un pouvoir frémissant, Comme si l’univers me rendait mon présent.

