Les ascenseurs montaient lentement Vers des appartements silencieux Où les plantes vertes mouraient Sous des lumières basse consommation. Les cadres buvaient du silence Dans des restaurants panoramiques Avec leurs sourires de magazine Et leurs fatigues sous anesthésie Leurs femmes portaient des parfums froids Comme des hivers pharmaceutiques Pendant que les serveurs fantômes Polissaient les verres du vide Au pied des périphériques Les chiens de néon fumaient l’aube Sous des constellations de vitrines Et des pluies couleur morphine Y’avait des filles sous lithium Qui dansaient comme des incendies Et des types en cuir fatigué Qui avaient la nuit dans les veines Les cathédrales du paraître Brillaient jusque tard dans la nuit Mais personne ne semblait vivant Sous les plafonds climatisés Alors les chiens de néon Traversaient la ville en silence Avec leurs cœurs cabossés Et leurs tempêtes magnifiques Ils n’avaient plus grand-chose Sauf des regards encore humains Pendant que les rois modernes Comptaient leurs vies en tableaux Excel Dans les fêtes du centre-ville Les conversations tournaient à vide Comme des satellites bourgeois Autour de planètes sans mémoire On parlait placements immobiliers Détox émotionnelle et divorces propres Pendant qu’au bord des rocades Les anges sales partageaient leurs cigarettes Les traders en combustion lente Croisaient des princesses sous méthadone Dans les toilettes phosphorescentes Des clubs ouverts jusqu’au matin Et les écrans publicitaires Vendaient du bonheur sous plastique À des foules disciplinées Qui mouraient sans faire de bruit Les chiens de néon chantaient faux Mais leurs voix tremblaient encore Comme des animaux blessés Dans les tempêtes électriques Pendant que les gens normaux Rangeaient leurs désirs sous vitrines Avec des orgasmes administratifs Et des solitudes haut débit Alors la ville continuait Ses liturgies automatiques Entre les palais transparents Et les bars à moitié morts Et quelque part sous la pluie Les derniers chiens de néon Cherchaient encore un peu d’âme Dans ce siècle comptable (Busayan présente Synaps Fantôme Connexion invisible, émotions réelles.)