
[Intro] Le vent dépose du sel sur les lèvres. Aigu. Amer. Définitif. [Pause] Devant moi s’étend l’Atlantique… gris-vert… sans fin… [Instrumental Swell] [Verse 1] La marée monte avec sa propre volonté. Brute. Irrésistible. Elle lèche les falaises roses de Ploumanac’h, s’insinue dans chaque fissure secrète du granit, dissout… dissout ce que les siècles croyaient éternel. [Pause] Chaque vague s’élance, saisit l’azur, se brise en fureur blanche — seulement pour que la suivante… la suivante, encore plus vorace, surgisse. [Build] Lourd monte le parfum d’algues et d’iode… douceâtre… presque putride… vivant… [Instrumental] [Verse 2] À marée basse l’eau se retire, un long soupir profond du monde. Elle dévoile les rochers noirs… luisants comme des plaies fraîches… nus… vulnérables… silencieux. [Pause] Bref silence. Silence… Presque tendre. Mais ce n’est aucune grâce. Seulement l’autre visage de la même volonté — l’inspiration… l’inspiration qui déjà enfante la marée suivante. [Pre-Chorus] Ici, où l’horizon ne trace plus aucune limite, mais s’ouvre… s’ouvre comme une question éternelle, je le sens dans ma peau, dans mes os. [Drop] [Chorus] La mer est le Libre lui-même — un abîme assez profond… assez profond pour engloutir toute petitesse, tout mépris, toutes tables brisées en lui… en lui… sans jamais se noyer, sans jamais être rassasié. [Instrumental Tide] [Verse 3] Chaque vague porte le rythme de l’éternel retour : le même sel… le même baiser brutal contre la roche… la même soif inextinguible. [Pause] Rien ne revient vraiment. Rien ne revient vraiment. Et pourtant tout revient — plus haut… plus sauvage… plus pur. [Build] L’embrun me frappe au visage. Je goûte le fer, le sang et quelque chose d’ancestral sur la langue — le goût de la vie dangereuse. [Break] Quelque chose en moi se brise. Quelque chose en moi se brise. Et quelque chose en moi rit. [Bridge] Aucun rivage ne peut plus nous sauver. Les navires sont partis depuis longtemps… partis depuis longtemps. [Pause] Celui qui se tient ici sans trembler n’a pas encore compris. [Build] Il n’y a plus de sol ferme. Plus de sol ferme. Seulement cette mer ouverte, impitoyable. [Emotional Climb] Et c’est précisément là… précisément là que réside la seule liberté qui nous reste — la liberté de celui qui a enfin appris à danser dans le ressac… à danser dans le ressac. [Final Chorus] La marée monte encore. Froide. Vivante. Impitoyable. Elle entoure mes chevilles… mes mollets… prend ce qu’elle veut prendre… prend… prend… [Massive Instrumental Swell] Et dans cette prise vit la grande, muette affirmation. Tout ce qui fut peut sombrer. Peut sombrer… [Final Build] Du naufrage naît le nouveau. L’Atlantique roule. Sans relâche. Sans relâche. [Outro] Et dans son roulement j’entends le rire — salé… profond… éternel… éternel…

